Publié le 23 novembre 2025 à 20h42. Une étude menée à partir de vastes bases de données de santé en Corée du Sud et aux États-Unis révèle que près de 99 % des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux sont précédés par au moins un facteur de risque cardiovasculaire connu, soulignant l’importance cruciale de la prévention.
- Quasi toutes les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux sont précédés par des facteurs de risque identifiables.
- L’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’hyperglycémie et le tabagisme sont les principaux facteurs de risque.
- La détection précoce et la gestion de ces facteurs de risque, même à des niveaux légèrement élevés, peuvent considérablement réduire le risque d’événements cardiovasculaires graves.
Des analyses approfondies des dossiers médicaux de plus de 9 millions d’adultes ont permis de mettre en évidence un schéma alarmant : dans la quasi-totalité des cas, une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral était précédé de la présence d’au moins un facteur de risque cardiovasculaire. Cette observation, constante à travers les âges et dans deux pays aux systèmes de santé différents, souligne l’importance d’une surveillance régulière et d’une prévention proactive.
Les quatre facteurs de risque principaux identifiés sont l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie (taux de cholestérol élevé), l’hyperglycémie (taux de sucre élevé dans le sang) et le tabagisme. Ces affections sont toutes liées aux maladies cardiovasculaires, qui affectent le cœur et les vaisseaux sanguins.
L’étude, dirigée par le Dr Hokyou Lee, PhD, du Yonsei University College of Medicine de Séoul, s’inscrit dans ses recherches sur le risque cardiovasculaire et la prévention dans les populations. Les chercheurs ont analysé des données provenant d’une base de données nationale d’assurance en Corée et d’une cohorte de recherche diversifiée aux États-Unis. Au total, les dossiers examinés comprenaient 601 025 événements cardiaques ou neurologiques en Corée et 1 188 aux États-Unis.
L’équipe a ensuite vérifié si l’un des quatre facteurs de risque était présent lors d’une consultation médicale antérieure à l’événement. Il n’était pas nécessaire d’avoir un diagnostic formel pour évaluer le risque, ce qui reflète la réalité des soins de santé quotidiens. De nombreuses personnes présentent des valeurs non optimales pendant des années avant l’apparition d’une maladie.
L’étude a défini l’hypertension comme une pression artérielle systolique de 120 mm Hg ou plus, ou une pression artérielle diastolique de 80 mm Hg ou plus, ou comme la prise de médicaments antihypertenseurs. Le cholestérol était considéré comme élevé si le taux de cholestérol total était supérieur ou égal à 200 milligrammes par décilitre, ou si la personne prenait des médicaments hypolipémiants. La glycémie à jeun (mesurée après au moins 8 heures de jeûne) était considérée comme élevée à partir de 100 milligrammes par décilitre. Enfin, tout antécédent de tabagisme était pris en compte.
L’hypertension artérielle est apparue comme le facteur de risque le plus fréquemment observé avant les événements, tandis que le tabagisme était le moins courant. Les médecins se concentrent souvent sur le cholestérol LDL, considéré comme le principal responsable de l’accumulation de plaques dans les artères. La réduction du cholestérol LDL est une stratégie efficace pour diminuer le risque de crise cardiaque.
Les seuils utilisés dans l’étude étaient intentionnellement modestes afin de détecter rapidement les risques. Cette approche s’inscrit dans une démarche de prévention primaire, visant à empêcher les facteurs de risque de s’installer avant qu’ils ne puissent déclencher une maladie. Les dommages aux artères s’accumulent lentement lorsque la pression artérielle, le glucose ou les lipides dépassent les niveaux idéaux. Le corps peut tolérer de petits changements pendant un certain temps, mais une exposition constante sur plusieurs années augmente la tension et le risque d’événements graves.
De nombreuses personnes vivent avec des chiffres qui ne sont pas alarmants, mais qui restent néanmoins en dehors de la fourchette la plus sûre. Ces légers écarts créent une pression qui s’intensifie avec le temps et finit par affaiblir le cœur et les vaisseaux sanguins. Les examens médicaux réguliers et les analyses de laboratoire sont essentiels pour détecter ces premiers changements. Corriger les problèmes lorsqu’ils sont encore légers peut modifier le cours des choses et prévenir une urgence future.
L’étude a également montré que chez les femmes de moins de 60 ans, plus de 95 % des cas d’insuffisance cardiaque et d’accidents vasculaires cérébraux étaient précédés d’au moins un facteur de risque non optimal. Cela signifie que la prévention précoce reste pertinente, même dans cette tranche d’âge considérée comme moins à risque. Cette découverte remet en question l’idée que les événements cardiaques surviennent souvent sans avertissement chez les femmes en bonne santé.
Une étude complémentaire a révélé que les patients avaient généralement plusieurs consultations médicales avant leurs événements, ce qui représente de nombreuses occasions de vérifier et de gérer leurs facteurs de risque. Ces consultations offrent des opportunités de dépistage, de traitement et de suivi.
Le contrôle de la tension artérielle, la réduction du cholestérol, l’arrêt du tabac et la gestion de la glycémie sont tous des objectifs réalisables aujourd’hui. Les combinaisons thérapeutiques et les changements de style de vie constants sont les plus efficaces. Les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de décès aux États-Unis, avec 941 652 décès en 2022, selon l’American Heart Association (AHA). L’ampleur de ces souffrances souligne l’urgence de détecter et de traiter précocement ces quatre facteurs de risque.
Il est important de noter qu’il s’agit d’une étude observationnelle, qui révèle des tendances mais ne peut pas prouver de lien de causalité. Elle fournit néanmoins des orientations claires sur les domaines sur lesquels la prévention devrait se concentrer. Les cohortes étudiées provenaient de contextes et de cultures différents, et les visites médicales étaient espacées sur plusieurs années. Malgré ces différences, le signal principal est resté cohérent entre les groupes et les résultats.
Les recherches futures viseront à identifier des moyens d’atteindre les populations plus tôt et de surveiller les facteurs de risque sur le long terme. L’accès aux soins primaires, les programmes communautaires et les médicaments faciles à utiliser joueront un rôle essentiel.
L’étude est publiée dans le Journal du Collège américain de cardiologie.
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