Home MondeCessez-le-feu de Noël dans la guerre en Ukraine : Merz et Trump misent sur la paix

Cessez-le-feu de Noël dans la guerre en Ukraine : Merz et Trump misent sur la paix

by Clara Dubois

Publié le 16 décembre 2025 à 13h06. Des négociations à Berlin ont réuni représentants américains, ukrainiens et européens dans l’espoir de trouver une voie vers la paix, mais l’optimisme a été rapidement tempéré par le rejet d’un cessez-le-feu par la Russie.

  • Des représentants des États-Unis, de l’Ukraine et de plusieurs pays européens se sont rencontrés à Berlin pour discuter d’une possible fin de la guerre en Ukraine.
  • L’Europe a proposé la création d’une force de protection soutenue par les États-Unis, envisageable après un cessez-le-feu.
  • Le Kremlin a rejeté l’idée d’un cessez-le-feu, assombrissant les perspectives d’une désescalade rapide.

Pour la première fois depuis des mois, des négociations sur l’avenir de l’Ukraine ont eu lieu à Berlin, réunissant des représentants de haut niveau des États-Unis, de l’Ukraine et de nombreux pays européens. L’objectif était d’explorer les pistes possibles pour mettre fin au conflit qui ravage le pays. À l’issue de ces discussions, une déclaration d’intention commune a émergé : l’Europe envisage de déployer une force de protection pour l’Ukraine, avec le soutien des États-Unis, une fois un cessez-le-feu en place.

L’ancien président américain Donald Trump s’est également exprimé avec optimisme, affirmant que les parties étaient « plus proches » d’une solution qu’auparavant. Cependant, les détails précis de cette solution restent encore flous et nécessitent des approfondissements.

L’expert en Europe de l’Est, Marcel Hirsiger, de la Haute école spécialisée de Suisse du Nord-Ouest, a qualifié cette réunion de signal important.

« Le fait de voir autant de pays représentés autour d’une même table, avec des positions aussi claires, est un événement rare. Le soutien manifesté par les États-Unis est également un point positif. Il n’y a pas eu d’adhésion formelle, mais pas non plus de refus. On observe un rapprochement entre les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine. »

Marcel Hirsiger, expert en Europe de l’Est

Les discussions ont révélé un certain pragmatisme de la part du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui semble accepter que l’adhésion à l’OTAN soit, pour l’instant, hors de portée. Kyiv privilégie désormais des garanties de sécurité alternatives, pour lesquelles les Européens ont promis une force de protection. Les États-Unis ont exprimé leur soutien à cette initiative, tout en excluant pour l’instant l’envoi de troupes terrestres sur le terrain.

Aucun progrès significatif n’a été réalisé sur la question cruciale des éventuelles concessions territoriales. La Russie maintient des exigences maximales, jugées inacceptables par l’Ukraine.

Selon Marcel Hirsiger, le chemin vers un cessez-le-feu demeure incertain.

« Tout ce qui a été discuté porte sur l’après-conflit. C’est positif de prendre en compte des considérations politiques pour aller au-delà d’un simple cessez-le-feu, mais il faut d’abord parvenir à l’arrêter. »

Marcel Hirsiger, expert en Europe de l’Est

Parallèlement aux négociations, le chancelier Friedrich Merz plaide pour l’utilisation des quelque 185 milliards d’euros d’actifs russes gelés afin de soutenir l’Ukraine.

L’expert Hirsiger tempère cet enthousiasme :

« Politiquement, c’est un signal fort. C’est l’un des rares domaines où des actions concrètes sont visibles, au-delà des simples déclarations. Cependant, je doute que ces fonds soient réellement disponibles pour l’Ukraine. Un accord unanime est nécessaire, et il est peu probable que les gouvernements pro-russes de Hongrie et de Slovaquie donnent leur consentement. »

Marcel Hirsiger, expert en Europe de l’Est

Le Kremlin a réitéré mardi son opposition à un cessez-le-feu en Ukraine.

« Nous voulons la paix, mais pas un cessez-le-feu qui permettrait à l’Ukraine de reprendre son souffle et de se préparer à poursuivre la guerre. »

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

Selon l’expert Hirsiger, la décision finale revient à Vladimir Poutine.

« Cela est désormais évident. Seul Vladimir Poutine détient la clé de la paix. Je ne perçois aucun signe d’humanité ou de volonté de compromis de sa part ou de celle de son entourage. Depuis le début de la guerre en 2022, il n’a pas dévié d’un iota de ses exigences. Cela souligne les difficultés rencontrées par les alliés occidentaux : tant que Poutine ne sera pas prêt à faire des concessions minimes, de telles négociations resteront importantes, mais dénuées de substance. Il est crucial de noter la clarté avec laquelle les États-Unis se positionnent. Des négociateurs américains étaient présents à la table, mais c’est finalement le président Trump qui prendra la décision. »

Marcel Hirsiger, expert en Europe de l’Est

Comment évaluez-vous les efforts de paix actuels dans la guerre en Ukraine ?

Caroline Teufelberger

Carolin Teufelberger (cat) travaille depuis 2024 en tant que rédactrice au sein du département News, Business & Video Reports.

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