Home SantéC’est ainsi que fonctionne la maladie silencieuse que peu de gens détectent à temps

C’est ainsi que fonctionne la maladie silencieuse que peu de gens détectent à temps

by Sophie Martin

Publié le 6 novembre 2025 à 09h38. Les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité dans le monde, prennent racine bien avant l’âge adulte. Des études récentes mettent en évidence l’importance cruciale de protéger la santé cardiaque dès l’enfance.

  • Le processus d’athérosclérose, un durcissement des artères, peut débuter pendant l’enfance.
  • L’obésité infantile, le tabagisme passif et une alimentation déséquilibrée sont des facteurs de risque majeurs.
  • La prévention et le diagnostic précoce sont essentiels pour réduire le risque de complications graves à l’âge adulte.

Longtemps centrée sur les adultes, la prévention des maladies cardiovasculaires doit désormais s’étendre à l’enfance. Des recherches de plus en plus nombreuses confirment que les mécanismes conduisant à l’athérosclérose – un épaississement et un endommagement progressif des artères – se mettent en place dès le plus jeune âge.

Facteurs cardiaques et non cardiaques, maladies congénitales ou acquises, mauvaises habitudes alimentaires, sédentarité, obésité infantile ou exposition à la fumée du tabac : tous ces éléments perturbent le système circulatoire et favorisent le développement précoce de lésions artérielles.

Le docteur Federico Gutiérrez-Larraya, chef du service de cardiologie pédiatrique de l’hôpital Ruber International, souligne l’importance d’identifier et de prévenir les facteurs de risque cardiovasculaire chez les enfants et les adolescents.

« Les risques cardiovasculaires commencent bien avant l’apparition des premiers symptômes, à des stades très précoces de la vie. »

Docteur Federico Gutiérrez-Larraya, chef du service de cardiologie pédiatrique de l’hôpital Ruber International

L’athérosclérose, une maladie inflammatoire, peut ainsi s’initier durant l’enfance, posant les bases de complications graves à l’âge adulte, telles que les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux. « L’athérosclérose a des racines à la fois génétiques et environnementales et est fortement influencée par le mode de vie dès l’enfance », explique le spécialiste.

Bien que ses effets se manifestent généralement des années plus tard, le processus inflammatoire qui endommage les artères commence de manière silencieuse. Le connaître et le modifier est essentiel pour améliorer l’avenir des jeunes patients.

Les études les plus récentes confirment que les enfants souffrant d’obésité ou de surpoids présentent un risque significativement plus élevé de développer une athérosclérose précoce. De plus, l’exposition à la fumée du tabac et une alimentation déséquilibrée aggravent ce risque. « L’environnement familial joue un rôle crucial, car c’est là que se forment les habitudes qui affectent directement la santé cardiovasculaire », ajoute le docteur Gutiérrez-Larraya.

Outre ces facteurs évidents, d’autres risques méritent une attention particulière. « Les maladies inflammatoires chroniques, comme le lupus ou la maladie de Kawasaki, peuvent endommager les artères dès le plus jeune âge », précise-t-il.

Le spécialiste alerte également sur les cas d’enfants ayant surmonté un cancer, qui peuvent présenter des effets cardiovasculaires liés à des traitements tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie. « La survie est une grande réussite, mais le prix à payer en termes de santé cardiovasculaire ne doit pas être sous-estimé. »

Enfin, le spécialiste mentionne le rôle de la prédisposition génétique, comme l’hypercholestérolémie familiale, et l’interaction entre les gènes et l’environnement. « Il est fondamental d’agir sur les facteurs modifiables, comme le mode de vie. »

Détecter le risque cardiovasculaire chez les enfants et les adolescents nécessite des outils spécifiques. « La clé est d’adapter les évaluations aux particularités des enfants et de réaliser un suivi constant », nuance-t-il.

Parmi les examens les plus utiles figurent les analyses avancées, qui permettent d’identifier les marqueurs inflammatoires et les anomalies métaboliques, ainsi que les échocardiographies et les ultrasons artériels, capables de détecter des changements structurels même avant l’apparition des symptômes.

« La prévention est le pilier fondamental pour réduire le risque cardiovasculaire et doit commencer dès le plus jeune âge », souligne le spécialiste. Inculquer des habitudes saines – alimentation équilibrée, activité physique régulière et repos suffisant – est essentiel pour maintenir les artères en bonne santé.

Le cardiologue insiste sur l’importance de l’éducation et de la collaboration entre les familles, les écoles et les professionnels de santé. « L’objectif n’est pas seulement de prévenir, mais aussi d’éduquer les nouvelles générations sur l’importance de prendre soin de leur santé cardiovasculaire dès l’enfance. C’est un effort qui doit impliquer l’ensemble de la société », conclut-il.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.