Publié le 15 octobre 2025 à 07h44. Le gouvernement norvégien a présenté son projet de budget pour 2026, qui prévoit une utilisation accrue du fonds pétrolier et suscite des réactions contrastées au sein des partis politiques, notamment sur les questions de fiscalité, de dépenses sociales et de transition énergétique.
- Le projet de budget prévoit d’utiliser 2,8 % du fonds pétrolier, soit un peu plus de 580 milliards de couronnes norvégiennes (NOK).
- Des réductions sont prévues dans les subventions aux traversées maritimes côtières et dans les mesures d’allègement de la dette étudiante.
- Les réactions des partis politiques sont vives, l’opposition dénonçant une orientation à droite et le gouvernement défendant un budget « responsable ».
Le ministre des Finances, Jens Stoltenberg, a présenté mercredi matin son projet de budget au Storting (parlement norvégien). Il a souligné l’importance de ce document pour les finances publiques et a affirmé sa volonté de mener des négociations constructives.
« Nous sommes prêts à ce que des négociations exigeantes puissent avoir lieu. »
Jens Stoltenberg, ministre des Finances
Le chef du Parti du Centre, Trygve Slagsvold Vedum, a vivement critiqué le projet de budget, l’accusant de marquer une orientation à droite. Il a particulièrement dénoncé les réductions prévues dans les offres de ferry gratuites sur la côte et dans l’allégement de la dette étudiante.
« Le message est qu’ils doivent aller à droite. »
Trygve Slagsvold Vedum, chef du Parti du Centre
Le gouvernement prévoit notamment de :
- Renforcer l’économie municipale de 4,2 milliards de NOK.
- Réduire l’impôt sur le revenu de plus de 4 milliards de NOK.
- Dépenser 1 % du revenu national brut (RNB) en aide.
- Fermer 14 bureaux de passeport et les remplacer par des bus de passeport.
- Baisser le soutien à l’achat de voiture électrique.
Pour en savoir plus sur les détails du budget, consultez le site de NRK.
La droite, quant à elle, estime que le Parti du Centre a la responsabilité de parvenir à un accord budgétaire avec le Parti travailliste. Nikolai Astrup, porte-parole fiscal du Parti conservateur, a rappelé que Trygve Slagsvold Vedum avait exprimé son souhait de voir Jonas Gahr Støre (Premier ministre) rester en poste.
« Vedum a clairement indiqué lors de la campagne électorale qu’il désirait Støre comme Premier ministre. »
Nikolai Astrup, porte-parole fiscal du Parti conservateur
Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé qu’il consacrerait des milliards de couronnes à la Défense, à une loterie fiscale pour les jeunes et à une augmentation des fonds alloués au prix norvégien. Le ministère des Finances a souligné que l’économie norvégienne se porte bien malgré l’incertitude économique mondiale.
Plusieurs réactions ont émergé parmi les autres partis politiques :
- Ingrid Liland (MDG) a critiqué l’absence d’ambition en matière de transition énergétique et de protection de l’environnement.
- Marie Snève Martinussen (Rouge) a dénoncé une politique sociale insuffisante et une réduction des aides aux familles.
- Kirsti Bergsto (SV) a qualifié le budget de « non sécurisant » et a appelé à une politique plus ambitieuse en matière de redistribution et de lutte contre les inégalités.
- Bjørn Arild Gram (SP) a estimé que le budget ne répondait pas aux besoins des citoyens et des entreprises.
- Hans Andreas Limi (Frp) a souligné la nécessité de trouver un accord budgétaire et de donner la priorité aux enjeux de sécurité et de justice.
- Abid Raja (V) a dénoncé une gestion irresponsable des fonds pétroliers.
Le professeur d’économie Ola Grytten estime que l’utilisation de l’argent pétrolier pourrait augmenter encore davantage au cours des négociations budgétaires. Il met en garde contre les conséquences négatives d’une telle évolution sur l’inflation et les taux d’intérêt. Voir photo d’Ola Grytten
« Je ne pense pas que le gouvernement puisse faire adopter ce budget sans utiliser davantage l’argent du pétrole. Ce n’est pas bon pour l’inflation et les taux d’intérêt. »
Ola Grytten, professeur d’économie
L’économiste en chef Kjersti Haugland partage ce point de vue, estimant que les négociations pourraient conduire à une augmentation de l’utilisation du fonds pétrolier. Voir photo de Kjersti Haugland
Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer l’orientation budgétaire de la Norvège pour 2026.
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