Publié le 18 janvier 2026 05:03:00. Une percée médicale majeure offre un espoir nouveau aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire : une micro-puce implantée dans l’œil, combinée à des lunettes high-tech, permet à certains patients de retrouver une vision fonctionnelle et de relire.
- Des essais cliniques récents ont permis à 27 patients de retrouver la capacité de lire grâce à cette technologie innovante.
- La puce Prima, développée par des chercheurs de Stanford et commercialisée par Pixium Vision, stimule électriquement la rétine pour compenser les photorécepteurs endommagés.
- L’entreprise Science Corporation, dirigée par l’ancien président de Neuralink Max Hodak, a récemment acquis cette technologie et prévoit de nouvelles avancées.
Après plus de vingt ans de recherche, une équipe scientifique a franchi une étape décisive dans la lutte contre la cécité liée à la dégénérescence maculaire, une maladie qui affecte la vision centrale et la capacité à lire ou reconnaître les visages. Cette dégénérescence, dont le principal facteur de risque est l’âge, touche actuellement près de 200 millions de personnes dans le monde, un chiffre qui devrait atteindre 288 millions d’ici 2040. Jusqu’à présent, il n’existait aucun traitement curatif.
Le projet Prima, baptisé ainsi par les chercheurs, repose sur l’implantation d’une minuscule puce sans fil au fond de l’œil. Cette puce est couplée à des lunettes équipées d’une caméra qui capture les images et les projette, via la lumière infrarouge, sur l’implant. La puce convertit ensuite ces images en signaux électriques, stimulant ainsi la rétine et permettant au cerveau d’interpréter les informations visuelles.
Le professeur Daniel Palanker, ophtalmologiste à l’Université de Stanford et l’un des principaux responsables de l’étude, explique le processus :
« L’idée d’une prothèse rétinienne basée sur un générateur photovoltaïque – c’est-à-dire un implant sans fil alimenté par la lumière – est née en 2005, il y a environ 20 ans, et depuis lors, j’essaie de la développer avec mon groupe de recherche. »
Daniel Palanker, professeur d’ophtalmologie à l’Université de Stanford
L’intervention chirurgicale, appelée vitrectomie, dure environ 80 minutes. Elle consiste à retirer le corps vitré de l’œil, puis à injecter la puce sous la rétine. Les patients doivent ensuite suivre une période de récupération et de formation pour apprendre à utiliser au mieux leur nouvelle vision. Sur les 32 participants ayant terminé l’essai d’un an, 27 ont pu retrouver la capacité de lire.
Les témoignages sont éloquents. Sheila Irvine, une Britannique participante à l’étude, a retrouvé le plaisir de lire, son passe-temps favori. Alice Charton, une enseignante à la retraite parisienne, a pu surmonter le désespoir d’avoir perdu la vue après avoir passé sa vie à enseigner la lecture. Un architecte italien a même pu reprendre son travail en utilisant un logiciel de conception assistée par ordinateur.
« Un autre patient avec lequel j’ai parlé récemment est un architecte italien, et il a repris le travail grâce à notre système. Il nous a donc dit qu’il utilise AutoCAD, un logiciel d’architecture, et que maintenant, lorsqu’il regarde l’écran de l’ordinateur, il peut voir ses projets. »
Daniel Palanker, professeur d’ophtalmologie à l’Université de Stanford
Cette avancée se distingue des précédentes prothèses oculaires, qui ne permettaient qu’une perception de la lumière sans offrir une vision fonctionnelle. La technologie Prima représente donc une véritable révolution dans le domaine de la recherche et du développement scientifique.
L’entreprise Science Corporation, qui a acquis la technologie Prima début 2024, prévoit d’améliorer les fonctionnalités de la puce et d’étendre son champ d’application à d’autres maladies visuelles. Les chercheurs souhaitent notamment développer une vision en niveaux de gris et améliorer la reconnaissance faciale. Ils envisagent également de tester l’efficacité de la puce chez les patients atteints de rétinite pigmentaire, une maladie héréditaire qui provoque une perte progressive de la vision.
« Nous voulons explorer la vision en niveaux de gris et les caractéristiques des scènes normales comme la reconnaissance faciale, qui est très importante pour les interactions sociales des patients. »
Daniel Palanker, professeur d’ophtalmologie à l’Université de Stanford
L’approbation de cette technologie par les autorités sanitaires, notamment aux États-Unis, est une étape cruciale pour sa diffusion à grande échelle. Le professeur Palanker espère que cette solution sera accessible dans le monde entier, à l’instar de l’implant cochléaire, qui a transformé la vie de millions de personnes souffrant de surdité. Les 10 inventions qui ont marqué 2025.
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