Publié le 18 décembre 2025 19h00. La série à succès « Emily in Paris » se réinvente en déplaçant son action à Rome, tout en conservant une partie de son cœur à Paris, pour une nouvelle saison aussi légère qu’effervescente.
- Emily Cooper, l’héroïne américaine, poursuit son aventure professionnelle, cette fois-ci en Italie, sous l’impulsion de sa directrice, Sylvie.
- La saison explore de nouveaux défis pour l’agence Grateau, notamment le lancement d’une gamme de parfums pour bébés et une collaboration potentielle avec une entreprise italienne de vêtements en maille.
- Malgré son côté fantaisiste, la série continue de susciter des réactions contrastées, oscillant entre plaisir coupable et critique acerbe.
Après avoir conquis Paris, Emily Cooper, interprétée par Lily Collins, s’envole pour Rome. Cette nouvelle orientation géographique, annoncée par le créateur de la série, Darren Starr, ne signifie pas pour autant l’abandon de la capitale française. L’action se partage désormais entre les deux villes, une ambiguïté qui, paradoxalement, ne semble pas perturber les téléspectateurs habitués à l’univers décalé de la série.
Le transfert à Rome s’explique par la volonté de Sylvie (Philippine Leroy-Beaulieu), la patronne d’Emily, d’implanter l’agence Grateau sur le marché italien. Heureusement pour Emily, son nouveau petit ami, Eugenio Franceschini, est le fils d’un influent magnat de la maille, ouvrant ainsi des perspectives commerciales intéressantes. De retour à Paris, l’agence est confrontée à des difficultés avec le lancement de sa gamme de parfums pour bébés. Emily et ses collègues tentent alors de rebondir en proposant le même produit à l’entreprise de son compagnon, en le présentant comme une création sur mesure.
Cette manœuvre, potentiellement contraire à l’éthique, ne semble pas préoccuper les créateurs de la série, qui assument pleinement le côté léger et irréaliste de leur œuvre. La série ne prétend pas offrir une représentation fidèle de la vie romaine, se contentant de quelques clichés pittoresques, comme la fontaine de Trevi ou la basilique Saint-Pierre. On ne verra pas Emily déambuler dans la Curva Nord du stade de la Lazio, mais elle croisera le chemin de Minnie Driver, qui incarne une actrice britannique mariée à un aristocrate italien désargenté. Minnie Driver vole la vedette dans chaque scène où elle apparaît, avec une réplique mémorable : « Je suis pauvre en palazzo ».
Depuis son lancement en 2020, « Emily in Paris » a divisé la critique et le public. Certains y voient un divertissement inoffensif, tandis que d’autres la considèrent comme un symptôme de la décadence culturelle. L’omniprésence de « Killeagh » par Kingfishr est, selon certains, une preuve plus alarmante de la situation actuelle. Darren Starr, le créateur de la série, ne s’excuse pas de son approche. Dans un monde de plus en plus sombre et incertain, « Emily in Paris » offre une parenthèse enchantée, aussi futile qu’un béret porté sous la pluie. Mais Starr assume pleinement cette absurdité effervescente, et c’est pour cela qu’il mérite, à contrecœur, un certain respect.
