Publié le 13 novembre 2025 à 13h02. Les tensions géopolitiques s’intensifient alors que les États-Unis et la Russie se livrent à un jeu de menace concernant la reprise des essais d’armes nucléaires, suite à des déclarations du président Trump.
- La Russie conditionne une éventuelle reprise de ses essais nucléaires à la conduite de tests similaires par d’autres pays.
- Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, critique le déploiement d’armes nucléaires par les alliés occidentaux et les ripostes américaines.
- Les États-Unis renforcent leur coopération militaire avec la Corée du Sud et le Japon, notamment en matière de défense nucléaire.
La rhétorique s’envenime entre Washington et Moscou sur la question des armements nucléaires. Le président Vladimir Poutine a déclaré que la Russie devrait réagir si d’autres pays reprennent les essais d’armes nucléaires, lors d’une réunion du Conseil de sécurité russe la semaine dernière. Cette mise en garde intervient en réponse aux annonces du président américain Donald Trump, qui a affirmé avoir ordonné au Pentagone de préparer des tests d’armes nucléaires.
Le Kremlin a réagi vivement à ces déclarations. Lors d’une conférence de presse mardi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a vivement critiqué les États-Unis, soulignant l’absence de précisions sur le sens des propos de Donald Trump. Il a démenti que la Russie ait annoncé de nouveaux essais nucléaires, tout en précisant que les autorités russes analysent la situation.
« Quel pourrait être l’objectif géopolitique des États-Unis ? La domination. Si des armes nucléaires sont utilisées à cette fin, cela est alarmant. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères
Lavrov a également dénoncé un écart par rapport au principe énoncé par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev selon lequel « une guerre nucléaire ne peut pas être gagnée et ne devrait donc jamais être menée ». Il s’est particulièrement inquiété de la réponse occidentale au déploiement d’armes nucléaires tactiques russes en Biélorussie, confirmé par Poutine en 2023, et de la réaction américaine consistant à déplacer ses propres forces.
Le ministre russe a mis en garde contre les implications du déploiement de sous-marins nucléaires américains en réponse au déploiement russe, soulignant que des discussions similaires sont en cours avec la Corée du Sud et le Japon. Un accord récent entre les États-Unis et le Japon vise à renforcer la coopération en matière de défense et de sécurité, incluant le parapluie de défense américain qui protège le Japon.
Donald Trump a récemment autorisé la Corée du Sud à construire son premier sous-marin à propulsion nucléaire, une construction qui se déroulera dans un chantier naval américain à Philadelphie. La Corée du Sud a précisé qu’elle n’avait pas l’intention de se doter d’armes nucléaires.
Selon le Moniteur d’interdiction des armes nucléaires 2024, neuf pays possèdent des armes nucléaires : la Russie (4 299 ogives, dont 1 710 déployées), les États-Unis (3 700 ogives déployées), la Chine (600 ogives déployées), la France (290 ogives), la Grande-Bretagne (225 ogives), l’Inde (180 ogives), le Pakistan (170 ogives), Israël (90 ogives) et la Corée du Nord (50 ogives). Au total, 12 331 ogives nucléaires sont en stock dans le monde, dont 2 727 anciennes et prêtes à être détruites. 34 autres pays, dont la Norvège, participent à une alliance de défense incluant des armes nucléaires.
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