Publié le 2024-02-29. Une infirmière urgentiste québécoise a réalisé un exploit sportif sans précédent : Sandra Lafontaine est la première Canadienne à compléter le « Grand Chelem » des ultramarathons, une épreuve de résistance extrême qui la propulse au rang de superathlète.
Sandra Lafontaine, 49 ans, de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides, a réussi un défi de taille : compléter quatre courses d’ultramarathon d’une distance cumulée de plus de 1 123 kilomètres (700 miles) en seulement huit mois. Elle a d’abord terminé l’Arizona Monster 300, une épreuve de 482 kilomètres, en avril, avant de s’attaquer à la « Triple Couronne », composée du Tahoe 200 (321 km), du Bigfoot 200 (321 km) et du Moab 240 (386 km), en juin, août et octobre respectivement.
Ce « Grand Chelem » est une combinaison particulièrement exigeante, et aucune autre Canadienne n’avait jusqu’à présent réussi à le compléter. Lafontaine a affronté des conditions climatiques extrêmes et des terrains accidentés, témoignant d’une force mentale et physique hors du commun.
« J’ai des amis qui voient ce que j’ai fait et qui m’écrivent. Moi, c’est comme si je ne réalise pas. Tout ce que je veux, c’est de vivre des aventures parce que mon travail est dur », explique l’infirmière, qui travaille à l’urgence. Elle considère la course comme un exutoire et un moyen de se ressourcer face au stress de son métier.
Les épreuves n’ont pas été sans difficultés. Au lac Tahoe, elle a ressenti les effets de l’altitude et du dénivelé positif (2 000 mètres). Lors du Bigfoot 200, dans l’État de Washington, elle a été prise de vertiges en raison de passages étroits au bord de falaises. Et au Moab 240, en Utah, une tempête de pluie, de vent et de grêle a rendu l’alimentation difficile, ses doigts étant engourdis par le froid. La moitié des 260 participants ont d’ailleurs abandonné cette dernière course.
« Je prenais des répits à l’occasion parce que je me disais qu’au bord d’une falaise, si je n’avais pas toute ma tête, je pouvais carrément mourir. Maintenant, grimper sur un escabeau, ça ne me fait plus rien », lance-t-elle avec humour.
Sandra Lafontaine a découvert la course à pied en 2015, après avoir réalisé que le bitume et les marathons classiques ne lui convenaient pas. Elle a depuis participé à une quarantaine d’ultramarathons, privilégiant le contact avec la nature et la recherche de sensations fortes. Elle court désormais entre 150 et 200 kilomètres par semaine.
« Le trip, c’est de me sentir vivante à faire des choses hors de l’ordinaire », confie-t-elle. « Il y en a qui se tanneraient, mais pas moi. J’ai un mental d’acier et au contraire, je me sens reconnaissante d’être assez en forme pour faire ça. Après de telles courses, c’est comme si on se connaît mieux. On devient invincible à force de passer au travers de tout ça et la vie devient moins compliquée. »
Entre ses heures à l’urgence, ses entraînements intensifs et ses aventures sportives, Sandra Lafontaine est une femme d’action qui ne laisse pas de place à l’ennui.
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