Home SantéCette valeur sanguine met en garde contre une perte de mémoire ultérieure à la quarantaine

Cette valeur sanguine met en garde contre une perte de mémoire ultérieure à la quarantaine

by Sophie Martin

Publié le 10 novembre 2025 à 13h16. Des lésions cardiaques, même minimes, survenues à l’âge adulte pourraient être liées à un risque accru de démence des décennies plus tard, selon une étude britannique révélant un marqueur précoce dans le sang.

  • Des dommages cardiaques non diagnostiqués au milieu de la vie augmentent le risque de démence à long terme.
  • Un taux légèrement élevé de troponine, une protéine indiquant des lésions cardiaques, peut signaler ce risque des années avant l’apparition des premiers symptômes.
  • La santé cardiaque et la santé cérébrale sont étroitement liées, et la prévention précoce est essentielle.

Une étude menée par l’University College London (UCL), et publiée dans le European Heart Journal, démontre un lien significatif entre la santé cardiaque et le risque de démence. Les chercheurs ont découvert qu’un taux même légèrement élevé de troponine, une protéine libérée dans le sang en cas de lésion du muscle cardiaque, peut être un indicateur précoce de troubles cognitifs futurs.

La troponine est habituellement mesurée pour diagnostiquer des crises cardiaques. Cette nouvelle recherche suggère que des niveaux subtilement élevés – inférieurs aux seuils d’alerte classiques – sont également significatifs. Ils témoignent de lésions cardiaques minimes mais persistantes, qui peuvent affecter la circulation sanguine et, par conséquent, l’apport d’oxygène au cerveau.

« Une mauvaise santé cardiaque à la quarantaine augmente le risque de développer une démence plus tard dans la vie », explique le professeur Eric Brunner, responsable de l’étude à l’Institut d’épidémiologie et de soins de santé de l’UCL. L’étude a suivi près de 6 000 participants âgés de 45 à 69 ans sur une période d’environ 25 ans.

Les résultats indiquent que chaque doublement des taux de troponine dans le sang était associé à une augmentation de 10 % du risque de démence. Les participants présentant les taux de troponine les plus élevés avaient un risque 38 % plus élevé que ceux affichant des taux faibles. De manière cruciale, ces différences étaient observables 20 à 25 ans avant le diagnostic de démence.

Les scientifiques ont également observé que les participants présentant des niveaux de troponine élevés montraient un déclin plus rapide de leurs capacités cognitives lors de tests réguliers de mémoire et de concentration. À 80 ans, leurs performances étaient en moyenne équivalentes à celles d’une personne d’un an et demi plus âgée, et à 90 ans, la différence atteignait deux ans.

Des examens par imagerie par résonance magnétique (IRM) ont révélé que les participants avec des taux de troponine élevés à la quarantaine avaient un volume cérébral réduit 15 ans plus tard, en particulier dans l’hippocampe, une région essentielle pour la mémoire. Les personnes ayant les taux les plus élevés présentaient en moyenne 0,6 % de matière grise en moins dans le cerveau et un risque 18 % plus élevé de rétrécissement significatif de l’hippocampe, ce qui correspondait à un « effet de vieillissement » supplémentaire d’environ trois ans.

Selon le professeur Bryan Williams de la British Heart Foundation, ces résultats soulignent le lien indissociable entre le cœur et le cerveau. « La santé de notre cœur et de notre cerveau est inextricablement liée », déclare-t-il. « L’âge mûr est une période particulièrement vulnérable où les lésions cardiaques peuvent avoir des conséquences pendant des décennies. »

Il recommande de surveiller régulièrement sa tension artérielle, son taux de cholestérol, de pratiquer une activité physique régulière, de maintenir un poids sain et de ne pas fumer. Ces mesures préventives protègent non seulement le cœur, mais aussi les fonctions cognitives.

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Des recherches supplémentaires, comme une étude de l’ETH Zurich, confirment l’importance de l’activité physique. Elles montrent que seulement 24 minutes d’exercice à domicile par jour peuvent améliorer significativement les performances mentales des personnes âgées. Le programme « Brain-IT », combinant mouvements simples et exercices de mémoire, renforce l’attention et la mémoire, même aux premiers stades de la démence.

Les chercheurs de l’UCL envisagent d’intégrer la mesure de la troponine dans les futurs bilans de risques. Si ces résultats sont confirmés par d’autres études, une simple analyse sanguine pourrait permettre d’identifier les personnes à risque accru de démence à un stade précoce, avant même l’apparition des symptômes.

Le message est clair : prendre soin de son cœur, c’est aussi prendre soin de son cerveau. En adoptant un mode de vie sain pour le cœur, il est possible non seulement de prolonger sa durée de vie, mais aussi de préserver ses capacités cognitives.

En résumé :

  • Une augmentation du taux de troponine dans le sang révèle un lien étroit entre la santé cardiaque et le risque de démence, avec des signes avant-coureurs pouvant apparaître dès le milieu de la vie.
  • Les personnes présentant des niveaux de troponine constamment élevés sont plus susceptibles de développer une démence des décennies plus tard et de connaître un déclin cognitif plus rapide.
  • Une bonne santé cardiaque réduit le risque de démence à long terme – une surveillance régulière de la tension artérielle, du poids et du cholestérol contribue à protéger la mémoire.

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