Home SantéChanger votre style de conduite peut être le premier signe avant-coureur de la démence

Changer votre style de conduite peut être le premier signe avant-coureur de la démence

by Sophie Martin

Publié le 10 décembre 2025 05:45:00. Des changements subtils dans les habitudes de conduite, comme une diminution des trajets ou une prudence accrue, pourraient être des signaux d’alerte précoce de troubles cognitifs, voire de démence, selon une étude récente.

  • Une étude de l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis a suivi près de 300 personnes âgées pendant plus de trois ans, analysant leur comportement au volant et leurs capacités cognitives.
  • Les chercheurs ont constaté que les personnes présentant un déclin cognitif conduisaient moins souvent, sur des distances plus courtes et moins fréquemment la nuit.
  • Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent des recherches plus approfondies pour confirmer la fiabilité de l’analyse du comportement de conduite comme outil de dépistage précoce.

La démence ne se manifeste pas toujours par des pertes de mémoire soudaines et spectaculaires. Souvent, les premiers signes sont discrets : un rendez-vous oublié, une facture non payée, une difficulté à suivre le fil d’une conversation. L’Initiative de recherche sur la maladie d’Alzheimer (AFI) souligne que les premiers symptômes se traduisent généralement par de légères modifications dans la vie quotidienne.

Et ces modifications peuvent également se révéler au volant. Une étude récente suggère que certains changements dans le comportement de conduite pourraient indiquer l’apparition de troubles cognitifs. Mais quel type de conduite peut alerter sur un risque de démence ?

Comment les habitudes de conduite évoluent-elles avec l’âge ?

Une étude de l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis indique que les premiers signes de troubles cognitifs peuvent se manifester lors de la conduite. Les chercheurs ont examiné si le comportement au volant des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs légers différait au fil du temps de celui des conducteurs en bonne santé mentale.

Pendant une période de 40 mois, ils ont suivi 298 participants d’un âge moyen de 75 ans. Des enregistreurs de données GPS installés dans leurs véhicules ont collecté des informations sur la fréquence et la durée des trajets, les heures de conduite, la vitesse et les freinages brusques. Parallèlement, des tests neuropsychologiques et cliniques ont été réalisés annuellement pour évaluer les performances mentales.

Parmi les participants, 242 étaient considérés comme ayant une bonne santé cognitive, tandis que 56 présentaient des déficiences légères, également connues sous le nom de troubles cognitifs légers (TCL). L’AFI précise que les TCL peuvent être un précurseur de la démence. Au début de l’étude, les styles de conduite des participants ne présentaient pas de différences significatives. Cependant, au fil des mois, une tendance claire est apparue : les personnes dont les capacités cognitives déclinaient conduisaient moins souvent, sur des distances plus courtes et, surtout, moins la nuit . Leur style de conduite global est également devenu plus prudent que celui des personnes sans troubles cognitifs.

Le style de conduite peut-il réellement prévenir la démence ?

L’étude conclut que les changements dans le comportement de conduite pourraient être un indicateur précoce de déficience cognitive. En analysant les données de conduite et les résultats des tests, les chercheurs ont développé des modèles capables de prédire un trouble cognitif existant ou en développement avec une précision d’environ 82 %. L’ajout de données démographiques telles que l’âge ou le sexe a permis d’atteindre un taux de réussite de 87 %.

Cependant, les scientifiques soulignent que la représentativité de ces résultats est discutable. L’échantillon était relativement petit et peu diversifié, de nombreux participants partageant des origines ethniques similaires. De plus, les enregistreurs de données utilisés ne prenaient pas en compte tous les aspects de la capacité de conduite, tels que le maintien dans la voie ou la détection des dangers. Les examens de conduite réguliers restent donc importants.

Des questions demeurent également concernant la démence elle-même. Selon l’AFI, un trouble cognitif léger ne conduit pas nécessairement à la démence. Certaines personnes restent stables à ce stade préliminaire sans évoluer vers une forme plus sévère. Pour mieux comprendre comment la démence se manifeste dans le comportement de conduite, des études plus vastes et plus diversifiées sont nécessaires.

Démence : quels sont les premiers signes typiques ?

Le terme « démence » signifie littéralement « sans esprit », une traduction qui souligne la caractéristique essentielle de la maladie : une limitation, voire une perte totale, des capacités mentales. Le Ministère fédéral de la Santé détaille cette définition.

Selon le ministère, les premiers signes incluent des troubles de la mémoire à court terme. Les personnes concernées ont du mal à se souvenir des événements récents, oublient des rendez-vous ou répètent les mêmes questions. Plus tard, la mémoire à long terme peut également être affectée. À mesure que la déficience mentale progresse, d’autres symptômes typiques peuvent apparaître :

  • Diminution de l’attention
  • Difficultés linguistiques
  • Compréhension limitée
  • Capacité de réflexion altérée
  • Difficulté à s’orienter

Peut-on encore conduire une voiture avec une démence ?

Les personnes souffrant de troubles de la mémoire ou de démence à un stade précoce doivent faire preuve de prudence particulière lorsqu’elles conduisent. Selon le Ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, de la Femme et de la Jeunesse, il est encore possible de conduire aux premiers stades de la démence. Cependant, si la démence d’Alzheimer progresse, il peut devenir impossible de participer à la circulation routière. La base juridique de cette interdiction se trouve dans l’annexe 4 de l’ordonnance sur le permis de conduire.

En cas de diagnostic, le ministère recommande de faire vérifier son aptitude à conduire avant de reprendre le volant. Cet examen est généralement réalisé par des spécialistes en psychiatrie ou en neurologie.

You may also like

Leave a Comment