ChatGPT peut désormais réaliser des achats en ligne directement pour ses utilisateurs, grâce à un partenariat annoncé le 11 juin 2026 entre OpenAI et Visa. Les agents d’intelligence artificielle intégrés à la plateforme peuvent désormais finaliser des transactions sur le réseau Visa, marquant une avancée majeure dans l’automatisation des achats en ligne.
Mécanismes techniques et exemples concrets de transactions automatisées
L’accord entre OpenAI et Visa permet aux utilisateurs de lier leur carte Visa à ChatGPT pour autoriser l’agent IA à effectuer des achats en leur nom. Les transactions sont sécurisées par un système de jetons chiffrés, similaire à celui utilisé par Visa pour ses 300 milliards de transactions annuelles. Chaque achat peut être soumis à des plafonds de dépense prédéfinis, à des catégories de commerçants approuvés, et à des étapes d’approbation manuelle pour renforcer la sécurité.

Pour illustrer ce fonctionnement, Jack Forestell, directeur des produits et de la stratégie chez Visa, a cité l’exemple d’un utilisateur demandant à ChatGPT de trouver et d’acheter des écouteurs sans fil pour moins de 150 dollars. L’agent IA identifierait le produit, le sélectionnerait, et finaliserait la transaction en quelques clics, le tout sans que l’utilisateur ait à saisir manuellement les détails de sa carte de paiement.
Protocoles de sécurité et certification des acteurs financiers impliqués
Visa et OpenAI ont mis en place plusieurs mesures pour limiter les risques de fraude et de dépenses non autorisées. Les utilisateurs peuvent définir des plafonds de dépense par transaction, restreindre les catégories de commerçants éligibles, et exiger une confirmation manuelle avant chaque achat. En cas de litige, Visa appliquera les mêmes règles que pour toute autre transaction, en vérifiant notamment l’intention de l’acheteur et le respect des conditions par le commerçant.

Cette approche s’inscrit dans la continuité des efforts de Visa pour sécuriser les paiements automatisés. Dès mars 2026, le groupe avait lancé le programme Visa Agentic Ready, visant à certifier les banques émettrices pour les transactions déclenchées par des agents IA. Plus de vingt établissements européens, dont Barclays, Commerzbank, Banco Santander, Revolut, HSBC UK et Raiffeisen Bank International, ont déjà rejoint ce programme pour tester ces nouvelles fonctionnalités en conditions réelles.
Évolution du déploiement mondial après l’échec initial avec Stripe
Cette intégration s’ajoute à une première tentative d’OpenAI en septembre 2025, lorsque ChatGPT avait proposé un système de paiement instantané via Stripe, limité aux marchands Etsy et Shopify aux États-Unis. Cependant, cette fonctionnalité avait été abandonnée en mars 2026 en raison de son faible adoption par les commerçants et de frais de transaction jugés trop élevés (4 %).
Avec le partenariat Visa, OpenAI étend désormais cette capacité à l’échelle mondiale, couvrant des centaines de millions de commerçants acceptant Visa. Le déploiement se fera progressivement, avec une première vague en Europe, suivie des régions Asie-Pacifique et Amérique latine. Visa indique que des transactions agentiques sont déjà testées en conditions réelles aux États-Unis, avec 85 partenaires supplémentaires en cours d’intégration.
Enjeux pour les consommateurs, les commerçants et les perspectives d’adoption massive
Pour les consommateurs, cette innovation pourrait simplifier les achats en ligne en automatisant des tâches répétitives, tout en offrant une couche supplémentaire de sécurité grâce à la tokenisation des données de paiement. Cependant, la confiance reste un défi majeur : les utilisateurs devront s’habituer à déléguer des décisions d’achat à une IA, même avec des garde-fous en place.

Côté entreprises, cette intégration ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les marchands, qui pourraient bénéficier d’un canal de vente supplémentaire via les agents IA. Visa et OpenAI travaillent également sur des applications d’entreprise via Codex, l’agent de programmation d’OpenAI, pour intégrer des fonctionnalités de paiement dans des workflows automatisés destinés aux développeurs.
Si cette technologie se généralise, elle pourrait transformer le commerce en ligne aussi profondément qu’Internet ou le téléphone mobile l’ont fait. Cependant, plusieurs questions restent en suspens : comment les consommateurs adopteront-ils massivement cette fonctionnalité ? Quels seront les frais éventuels pour les commerçants ou les clients ? Et comment Visa et OpenAI géreront-ils les risques de fraude à grande échelle ?
Une chose est sûre : l’ère des achats automatisés par IA est bel et bien lancée. Reste à voir comment elle évoluera dans les mois et les années à venir.
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