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Chine : Campagne anticorruption accroît pouvoir de la CCDI

by Clara Dubois
La consolidation du pouvoir de la CCDI

Depuis la fin du 18e Congrès national du Parti communiste chinois en novembre 2012, le secrétaire général Xi Jinping mène une vaste campagne anticorruption. Selon Wikipédia, environ 2,3 millions de fonctionnaires ont été poursuivis jusqu’en 2023, ciblant aussi bien les hauts dirigeants que les agents subalternes. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de restaurer la discipline au sein du Parti et de renforcer la légitimité de l’institution face aux défis de la gouvernance moderne.

La consolidation du pouvoir de la CCDI

La lutte contre la corruption est principalement administrée par la Commission centrale de discipline (CCDI). Entre 2012 et 2017, Wang Qishan a occupé le poste de secrétaire de cette institution. Sous sa direction, la CCDI a joué un rôle pivot dans l’identification des manquements éthiques et administratifs au plus haut niveau de l’État. Selon Wikipédia, la campagne a conduit au renforcement de l’appareil de la CCDI au sein du Parti communiste chinois, ainsi qu’à une augmentation de son autorité sur les commissions de discipline locales.

Cette centralisation de l’autorité vise à rompre avec les pratiques de “protectionnisme local”, où des responsables régionaux pouvaient parfois étouffer les enquêtes pour protéger des réseaux de clientélisme. En renforçant le contrôle direct de Pékin sur les branches provinciales, la direction centrale cherche à assurer une application uniforme des règles de discipline du Parti sur l’ensemble du territoire.

En 2018, la création de la Commission nationale de surveillance, issue de la fusion de plusieurs départements gouvernementaux, a renforcé la portée et les pouvoirs de la CCDI, d’après Wikipédia. Cette réforme institutionnelle a transformé le paysage de la surveillance en Chine. Alors que la CCDI se concentrait traditionnellement sur les membres du Parti, la Commission nationale de surveillance (CNS) a une compétence élargie. Elle est chargée d’exercer une supervision sur l’ensemble des employés du secteur public, incluant les cadres des entreprises d’État, les enseignants, les médecins et les gestionnaires d’institutions publiques qui ne sont pas nécessairement membres du Parti.

Cette structure de “double supervision” permet une coordination entre l’organe de discipline du Parti et l’organe de surveillance de l’État. Cette institution a mené des enquêtes sur des dirigeants de niveau national, qu’ils soient en exercice ou anciens, en s’appuyant sur des pouvoirs d’investigation étendus prévus par la loi sur la surveillance nationale.

Un ciblage des cadres supérieurs et des militaires

Xi Jinping a déclaré vouloir s’attaquer aux « tigres », désignant les hauts responsables, ainsi qu’aux « mouches », qui représentent les fonctionnaires de base. Cette métaphore illustre la stratégie de la direction centrale : traiter simultanément la corruption systémique au sommet de la hiérarchie et la corruption quotidienne qui affecte les services de proximité et la vie des citoyens.

Le ciblage des “tigres” est particulièrement significatif sur le plan politique, car il touche des individus occupant des postes clés au sein de l’appareil d’État. Les enquêtes ont visé de nombreux cadres du gouvernement, des dirigeants d’entreprises d’État et des généraux de l’Armée populaire de libération (PLA), selon Wikipédia. La lutte contre la corruption au sein de l’armée est présentée par les autorités comme une nécessité pour garantir que les forces armées restent loyales au Parti et prêtes à répondre aux impératifs de sécurité nationale.

Parmi les personnalités de haut rang visées figurent l’ancien membre du Comité permanent du Bureau politique Zhou Yongkang, ainsi que les anciens vice-présidents de la Commission militaire centrale Xu Caihou et Guo Boxiong. La chute de ces figures de proue a marqué des étapes importantes dans la purge des réseaux d’influence au sein de l’armée et de l’administration centrale. Plus récemment, la campagne a ciblé les vice-présidents He Weidong et Zhang Youxia en 2025 et 2026, ainsi que l’ancien secrétaire du comité du PCC au Xinjiang, Ma Xingrui, en 2026, d’après Wikipédia.

Des contestations sur la nature des arrestations

Le déploiement de cette campagne massive soulève des questions sur l’équilibre entre la discipline interne du Parti et les standards de procédure juridique. Certaines procédures font l’objet de débats concernant leur dimension politique. Les observateurs internationaux et certains analystes soulignent souvent la difficulté de distinguer la lutte réelle contre la corruption de la gestion des rivalités factionnelles au sein du Parti.

Des contestations sur la nature des arrestations

Le cas de Meng Hongwei illustre ces tensions entre les enquêtes internes et les institutions internationales. Le New York Times rapporte que l’épouse de l’ancien dirigeant de l’Interpol, Meng Hongwei, a rejeté les allégations des autorités chinoises concernant l’abus de pouvoir et les dépenses excessives de son mari.

wp:quote Elle a qualifié son arrestation de politiquement motivée.

Cette affaire a mis en lumière les frictions qui peuvent survenir lorsque les procédures disciplinaires chinoises, qui s’exercent souvent avant tout passage devant un tribunal civil, touchent des individus ayant une stature internationale. La question de la transparence des enquêtes menées par la CCDI et la CNS reste un sujet central dans les discussions sur l’État de droit et la gouvernance en Chine.

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