Sanaa, Yémen – Un écart de prix stupéfiant de près de 200 % sur l’or entre les villes de Sanaa et d’Aden illustre la fracture économique profonde que traverse le Yémen, exacerbée par des années de conflit.
- Le prix d’une livre d’or est supérieur de 941 000 riyals à Sanaa par rapport à Aden.
- Cette disparité reflète l’existence de deux économies distinctes et de deux banques centrales au sein du même pays.
- Des experts mettent en garde contre un possible effondrement économique global si cet écart continue de se creuser.
La guerre civile qui déchire le Yémen depuis 2015 a engendré une fragmentation économique sans précédent. L’existence de deux autorités belligérantes a conduit à la création de deux banques centrales et à l’adoption de politiques monétaires divergentes, créant ainsi un marché de l’or à deux vitesses. Cette situation, selon certains observateurs, rappelle la division de l’Allemagne par le mur de Berlin, mais cette fois-ci, la fracture est économique.
Les conséquences de cette disparité sont dramatiques pour les citoyens yéménites. À Sanaa, l’achat d’une livre d’or coûte une fortune, obligeant les familles à reconsidérer leurs économies et les commerçants à envisager des opérations de contrebande risquées pour tenter de profiter de la différence de prix.
« Il ne s’agit pas seulement d’une différence de prix, c’est d’un effondrement du concept d’État unique », déclare Ahmed Al-Tajer, exprimant sa colère face à cette situation.
Ahmed Al-Tajer
Le Dr Salem, un expert économique, tire la sonnette d’alarme : Cet écart est le signe avant-coureur d’un effondrement économique global.
La contrebande d’or est susceptible de se développer, tandis que l’unité économique du Yémen semble s’éloigner de plus en plus. Dans ce contexte, certains Yéménites cherchent à investir à Aden, tandis que d’autres évitent toute spéculation à Sanaa, pris entre désespoir et espoir d’arbitrage.
L’avenir de l’or yéménite, et plus largement de l’économie du pays, reste incertain. La question est de savoir si le Yémen parviendra à surmonter ses divisions et à retrouver une unité économique, ou si l’écart de prix continuera de se creuser, aggravant la crise et plongeant davantage la population dans la précarité. Le temps presse, et des décisions économiques rapides et éclairées sont indispensables.
