Une dizaine de nouvelles personnes découvrent chaque année qu’elles sont séropositives en Nouvelle-Calédonie, un chiffre qui reste stable depuis 2018. À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’association Prismes multiplie les actions de sensibilisation et propose des dépistages gratuits ce lundi 1er décembre.
Selon le dernier bilan de la direction des affaires sanitaires et sociales, neuf nouveaux cas de séropositivité ont été recensés en 2024. Au total, depuis 1986, 548 personnes vivent avec le VIH en Nouvelle-Calédonie. La majorité des personnes touchées ont entre 20 et 49 ans, représentant 80 % des cas.
La transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du sida (syndrome d’immunodéficience acquise), se fait principalement par voie sexuelle. Plus rarement, en Nouvelle-Calédonie, une transmission par voie sanguine est possible. Le VIH affecte progressivement le système immunitaire. La maladie évolue en deux phases : une phase initiale, durant 8 à 10 ans après la contamination, où le virus se développe lentement, suivie d’une phase où les défenses immunitaires s’affaiblissent, rendant la personne vulnérable à diverses infections.
Le dépistage précoce est crucial pour éviter l’évolution vers le sida. « Au début de l’épidémie mondiale, on enregistrait pas mal de personnes que l’on découvrait au stade de Sida, puisque c’est seulement quand ils étaient malades qu’on leur faisait un test. Mais maintenant, la plupart des personnes que l’on dépiste sont découvertes au stade de séropositivité », explique Martine Noël, médecin retraitée et membre de l’association Prismes.
Bien qu’il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer complètement le VIH de l’organisme, des traitements efficaces sont disponibles pour empêcher le développement du sida. Ces médicaments permettent également aux femmes enceintes séropositives de ne pas transmettre le virus à leur enfant. En Nouvelle-Calédonie, ces traitements sont entièrement pris en charge financièrement.
Le dépistage du VIH est recommandé après une prise de risque (rapport sexuel non protégé, rupture de préservatif, partage de seringue), avant d’arrêter le préservatif dans un couple stable, pendant une grossesse, ou tous les trois mois pour les personnes ayant plusieurs partenaires. Il peut être effectué par prise de sang ou par test rapide (piqûre au bout du doigt).
Les dépistages sont possibles :
- Espace santé à Nouméa : 20 47 40
- Laboratoire d’analyses médicales : sur ordonnance médicale
- Pharmacie : autotests disponibles en vente libre (environ 3 000 F CFP), non remboursés par l’assurance maladie.
- Association Prismes : 24 15 17 (sur consultation, anonyme et gratuite).
Prismes, née en février 2025 de la fusion de Solidarité Sida et du CP2S (comité de prévention de la santé sexuelle), regroupe une cinquantaine de membres, une douzaine de bénévoles et trois salariés. L’association mène des actions de sensibilisation, notamment dans les écoles, et propose des consultations gratuites.
« On couvre ce volet particulier de la consultation en santé affective, relationnelle et sexuelle qui comprend à la fois le dépistage mais également les consultations en sexologie. Des consultations qui sont ouvertes à toutes et à tous et qui sont gratuites », précise Frédérique Sid, directrice de Prismes.
Dépistages gratuits le lundi 1er décembre :
- Nouméa : Espace jeunes de la province Sud, de 7h30 à midi et de 13 heures à 16 heures.
- Dumbéa : Origin cinéma, de 13h30 à 17h30.
