Home Santécité comme témoin, un médecin psychiatre « mal à l’aise »

cité comme témoin, un médecin psychiatre « mal à l’aise »

by Sophie Martin

Un psychiatre de Dax a été le premier témoin à évoquer les médicaments impliqués dans le décès d’Enea, décédée quelques jours après son 18e anniversaire, lors du procès de Maylis Daubon. Son témoignage, marqué par le secret médical, a soulevé des questions sur la prescription et le suivi de traitements.

C’est par visioconférence, une première dans cette affaire, que le docteur Patrick Carbonniere a pris la parole. Dès le début, il a invoqué le secret professionnel : « J’ai demandé à l’Ordre des médecins. Je suis tenu au secret médical. Je sais que c’est frustrant, mais je n’ai pas le droit. »

La présidente du tribunal, Emmanuelle Adoul, a toutefois insisté sur le fait que certaines déclarations du docteur Carbonniere ne sont pas couvertes par le secret médical. La cour s’intéresse notamment au nombre de consultations, au rythme des ordonnances, aux changements de traitements, et à l’information éventuelle donnée à Yannick Reverdy, le père d’Enea, concernant l’intervention du psychiatre.

Le docteur Carbonniere a précisé qu’il suivait Enea, et non Maylis Daubon. Il a cependant admis avoir occasionnellement prescrit des médicaments à l’accusée, même après le décès de sa fille aînée, sans pour autant ouvrir de dossier médical à son nom. Il a justifié cette pratique en expliquant qu’à l’époque, il ne disposait pas du logiciel nécessaire.

Il a exprimé son malaise face à la possibilité que Maylis Daubon ait reçu jusqu’à dix boîtes d’Imovane (un somnifère) en un seul mois, grâce à ses ordonnances et à celles de trois autres médecins. Il a toutefois souligné que seule l’Assurance maladie peut tracer ces prescriptions et lancer une alerte.

Me Victor Font, avocat de la famille Reverdy, a vivement réagi à l’expression « dépannage » utilisée par le psychiatre : « Le dépannage, c’est plutôt ce que font les garagistes, voire les dealers. » Cette comparaison a visiblement déstabilisé le docteur Carbonniere, qui a rappelé que tout médecin doit soigner tous les patients, sans pour autant pouvoir contrôler l’utilisation des médicaments prescrits.

Le psychiatre s’est également refusé à divulguer des informations susceptibles de corroborer l’hypothèse d’une « détresse suicidaire » chez Maylis Daubon en novembre 2019, malgré les questions de Me Carine Monzat sur les outils d’évaluation de la dépression. Il a semblé ignorer l’existence de l’UMPAJA, une unité spécialisée dans la prise en charge des jeunes présentant un risque suicidaire, à Bordeaux.

Le docteur Carbonniere a été cité comme témoin par Me Gérard Danglade, l’un des premiers avocats à avoir conseillé Maylis Daubon. Les éléments de preuve, selon lui, se trouveront dans les scellés.

You may also like

Leave a Comment