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Technologie et science

Citrini affirme avoir conçu 17 protéines liant le venin de scorpion

La firme américaine de recherche Citrini a conçu en trois mois, grâce à l'intelligence artificielle d'Anthropic, 17 protéines capables de se lier au venin de scorpion.

Citrini affirme avoir conçu 17 protéines liant le venin de scorpion

La firme américaine de recherche Citrini a conçu en trois mois, grâce à l’intelligence artificielle d’Anthropic, 17 protéines capables de se lier au venin de scorpion. Cette expérience, menée par des traders ignorant tout de la biologie, a coûté environ 200 000 dollars et relance les débats sur l’allocation des ressources scientifiques.

Le 20 octobre, des traders de la firme américaine de recherche en investissement Citrini ont publié un article. Sans aucune connaissance préalable en biologie ou en sciences, l’équipe a utilisé un modèle de recherche interne d’Anthropic pour générer des protéines capables de se lier aux neurotoxines du venin de scorpion.

Le même jour, Anthropic a publié un rapport technique confirmant que l’expérience s’était déroulée sur ses réseaux et ses machines. Les barrières de sécurité du modèle commercialisé Claude avaient initialement bloqué les traders dès leur première requête, nécessitant le recours à une version de recherche interne.

Soixante-quatorze heures de calcul et dix-sept protéines validées

L’expérimentation s’est appuyée sur une cadence de calcul industrielle. En 64 heures, l’intelligence artificielle a produit plus de 318 000 designs de protéines distincts. L’équipe en a sélectionné 180, puis y a ajouté 31 conceptions supplémentaires pour en tester un total de 211 en laboratoire.

Au terme des tests pratiques, 17 protéines ont rempli les critères stricts de liaison fixés par l’équipe. L’ensemble du projet s’est étalé sur trois mois et a nécessité un budget d’environ 200 000 dollars, dont 50 000 dollars ont été consacrés directement à la puissance de calcul.

La course aux armements algorithmiques et ses risques économiques

L’équipe de Citrini affirme avoir accompli en trois mois et avec seulement cinq personnes le travail qui demande habituellement des années à des laboratoires spécialisés en antivenins. Les traders reconnaissent cependant humblement n’avoir commercialisé aucun médicament et n’avoir publié aucune découverte scientifiquement significative, tout en proclamant que la frontière a bougé.

Cette démarche publicitaire rappelle l’annonce d’Anthropic faite fin septembre, concernant la découverte par Claude d’un système enzymatique inédit à répétitions de type CRISPR. Pour financer ces travaux, Citrini propose d’ailleurs en fin de parcours un article payant prodiguant des conseils d’investissement tirés de cette expérience.

Le financement de la recherche face aux lubbies numériques

L’aspect le plus controversé réside dans la déclaration des traders, qui se félicitent que leur invention digitale va désormais créer du travail pour des scientifiques humains. Cette vision soulève des inquiétudes quant à l’orientation des capitaux.

L’intelligence artificielle absorbe déjà une part disproportionnée des financements disponibles. Des initiatives de ce type menées par des non-spécialistes risquent de détourner les ressources de projets scientifiques traditionnels bien plus rigoureux, un phénomène comparable à la pression populaire observée autour de l’hydroxychloroquine durant la pandémie de Covid-19.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.