Home Technologie et scienceClimat : au Giec, les technologies irréalistes ont toujours la cote

Climat : au Giec, les technologies irréalistes ont toujours la cote

by Thomas Caron
L’expertise climatique au service de 195 nations

L’expertise climatique au service de 195 nations

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) s’impose comme l’organe international de référence pour évaluer le dérèglement climatique. Né de la collaboration entre le Programme des Nations Unies pour l’environnement et l’Organisation météorologique mondiale, il fédère aujourd’hui 195 pays. Sa mission : fournir une vision scientifique consolidée des connaissances mondiales sur le climat.

Une synthèse sans travaux de terrain

Contrairement aux idées reçues, le GIEC ne mène aucune recherche propre. Il ne suit pas non plus l’évolution directe des paramètres climatologiques. Selon l’IPCC, son rôle consiste exclusivement à examiner et évaluer les données scientifiques, techniques et socio-économiques les plus récentes publiées à travers le monde. Cette rigueur méthodologique permet de mieux cerner les incidences environnementales et socio-économiques du réchauffement. En s’appuyant sur sa double nature scientifique et intergouvernementale, l’organisation livre des informations « rigoureuse et équilibrée » aux décideurs.

Le marathon rédactionnel des rapports d’évaluation

La production de ces rapports s’étale sur plusieurs années. Chaque cycle aboutit à une œuvre monumentale composée de trois volumes — dépassant chacun le millier de pages — et d’un rapport de synthèse de 30 à 50 pages. La précision est de mise, avec un processus de révision rigide :

  • Le zero order draft (ZOD) : une première mouture pour un examen interne.
  • Le first order draft (FOD) : une étape soumise aux commentaires d’experts extérieurs.
  • Le second order draft (SOD) : une version ouverte aux experts et aux représentants gouvernementaux.
  • Le brouillon final : l’ultime étape avant la distribution aux gouvernements.

Chaque volume, ainsi que le rapport de synthèse, est systématiquement accompagné d’un résumé technique et d’un document dédié aux décideurs.

Le poids politique de l’unanimité

L’influence du GIEC repose sur une structure ouverte aux membres de l’ONU et de l’Organisation météorologique mondiale. Les gouvernements ne sont pas de simples lecteurs : ils participent activement à la définition des grandes lignes, à la désignation des auteurs et au processus d’examen.

L’étape cruciale demeure l’approbation des résumés à l’intention des décideurs. Ce document est validé en séance plénière, à l’unanimité des États membres. Par cet acte, les gouvernements reconnaissent la légitimité du contenu scientifique pour « élaborer des politiques dans le domaine du climat » et soutenir les négociations lors des COP. Si ces travaux nourrissent l’action publique, l’organisation précise toutefois que ses rapports n’ont pas pour vocation de dicter les mesures à engager.

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Le 6e rapport du GIEC (2023) sur le climat résumé

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