Mis en ligne le 11 octobre 2025 à 23h31. Clive Tyldesley, voix emblématique du football britannique, revient sur ses moments de carrière les plus mémorables, de la finale de la Coupe d’Angleterre 1992 à la victoire historique de Manchester United en 1999, et partage ses réflexions sur l’évolution du commentaire sportif.
- Tyldesley évoque la difficulté de ne pas s’emballer avant la fin d’un match, illustrée par son commentaire lors de la finale de la Ligue des champions 1999.
- Il se souvient avec émotion de son commentaire lors de la finale de la Coupe d’Angleterre 1992 entre Blackburn Rovers et Leicester City.
- Il analyse l’évolution du commentaire sportif vers un style plus conversationnel et l’importance de s’adresser au public.
Pour Clive Tyldesley, le commentaire sportif ne se résume pas à la description d’un événement, mais à la création d’un souvenir. Il explique :
« Le sport crée des souvenirs – nous pouvons nous rappeler très clairement où nous étions, avec qui nous étions, ce à quoi nous pensions, lorsque notre équipe a remporté un trophée ou qu’un athlète a remporté une médaille d’or olympique… ou Shane Lowry a réussi un putt pour sceller la Ryder Cup. »
Clive Tyldesley
Il insiste sur le fait que ces moments sont profondément personnels et que le rôle du commentateur est d’ajouter une dimension supplémentaire à ces souvenirs, sans chercher à les hiérarchiser.
L’un des moments les plus marquants de sa carrière reste sans aucun doute la finale de la Coupe d’Angleterre 1992, où il a commenté la victoire de Blackburn Rovers face à Leicester City. Il se souvient avec passion :
« Ça y est ! Ça monte, ça monte, ça monte ! Les Blackburn Rovers ont enfin réussi, et le grand pari d’Ewood de Jack Walker sur Kenny Dalglish a payé le premier prix ! »
Clive Tyldesley
Il précise que ce commentaire n’était pas préparé à l’avance, mais qu’il est né de l’intensité du moment.
La préparation d’un commentaire, selon Tyldesley, combine recherche d’informations (statistiques, données) et travail journalistique. Il s’agit de comprendre l’histoire derrière le match :
« Quelle est l’histoire ici ? Qu’est-ce que cela signifie pour les Blackburn Rovers de gagner ce match ou pour Leicester City de gagner ce match ? »
Clive Tyldesley
Il explique qu’il prépare souvent des notes pour les célébrations d’après-match, listant les enjeux pour chaque équipe, mais qu’il ne rédige jamais de phrases préétablies, car l’improvisation est essentielle.
Un autre moment emblématique de sa carrière est lié à la finale de la Ligue des champions 1999, où Manchester United a renversé le Bayern Munich dans les dernières secondes. Il avoue avoir enfreint une règle fondamentale du commentaire en s’emballant trop tôt :
« Et Solskjær l’a gagné ! »
Clive Tyldesley
Il raconte avec humour qu’il craignait que le Bayern ne revienne au score et qu’il soit tenu responsable de la défaite de Manchester United. Il se souvient de l’incrédulité des joueurs et des supporters du Bayern après le but de Solskjær, et de la manière dont son cœur a pris le dessus sur sa raison.
Tyldesley aborde également l’évolution du style du commentaire sportif, soulignant la tendance actuelle à la conversation et à l’augmentation du nombre de commentateurs sur un même événement. Il met en garde contre le risque de perdre de vue le public en privilégiant les échanges entre commentateurs. Il insiste sur l’importance de commenter pour le public, et non pas entre commentateurs.
Enfin, il évoque son attachement à la musique, en particulier à l’œuvre de Joni Mitchell, qu’il considère comme une compositrice exceptionnelle capable de toucher les émotions les plus profondes. Il conclut en soulignant l’importance de l’écriture et de la capacité à transmettre des émotions à travers les mots.
Clive Tyldesley soutient le week-end de soutien silencieux de la Football Association. Pour plus d’informations, visitez ce site.
