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Comment de faux médias locaux en ligne diffusent la propagande russe – News

by Clara Dubois

Publié le 2 novembre 2025 à 10h00. Une campagne de désinformation massive, orchestrée en partie depuis la Russie, vise à déstabiliser l’opinion publique française à travers un réseau de faux médias locaux diffusant de la propagande pro-russe et des théories du complot.

  • Plus de 140 faux sites d’information locale, se faisant passer pour des médias régionaux français, ont été identifiés et supprimés.
  • Un ancien shérif américain, installé en Russie, est soupçonné d’être à l’origine de ce réseau de désinformation utilisant l’intelligence artificielle.
  • Une étude révèle également l’existence d’un réseau parallèle de faux sites web contrôlés par des sociétés de communication chinoises, diffusant du contenu pro-chinois.

Ces faux médias, arborant des noms tels que « Actu Bretagne », « Ardennes Info Live » ou « Direct Normandie », se présentent comme des sources d’information locales crédibles. En réalité, ils diffusent un contenu idéologique conspirationniste et des fausses nouvelles clairement orientées vers la promotion des intérêts russes. Sur l’un de ces sites, on pouvait lire : « Zelensky et son régime dénoncés pour incompétence et agression militaire ». D’autres prédisent « la défaite inévitable de l’Occident » face à une « stratégie russo-asiatique », tandis qu’un troisième affirme : « La révolution mondiale approche : Poutine et Trump mènent la barque ».

Selon un rapport du groupe de recherche américain Insikt, spécialisé dans les cybermenaces, ce réseau francophone participe à une campagne de désinformation active dans plusieurs pays européens. Le contenu, généré par intelligence artificielle, est systématiquement « pro-russe et anti-ukrainien », utilisant des termes tels que « gouvernement ukrainien corrompu », « régime nazi » ou « pouvoir incompétent ». Au-delà de la propagande, ces sites exagèrent ou déforment les problèmes rencontrés par la France, dans le but de saper la confiance dans les institutions nationales, en particulier à l’approche des élections locales de 2026.

« Ces élections offrent une opportunité », explique Jean-Philippe Goldstein, chercheur et analyste en cybersécurité, à la Radio et Télévision romande (RTS). « Plus elles se rapprochent, plus les pages locales seront populaires. En les créant à l’avance, vous préparez le terrain pour une audience toujours plus large. »

L’enquête pointe vers John Mark Dougan, un citoyen américain vivant en Russie depuis 2016, comme étant le cerveau derrière cette opération. Lors d’une conférence sur la désinformation stratégique à Moscou, il s’est même vanté d’utiliser l’intelligence artificielle pour amplifier certains messages, atteignant près de 40 millions de vues dans les pays occidentaux. Dougan avait déjà coordonné des campagnes de désinformation similaires avant les élections fédérales allemandes de février, en utilisant plus d’une centaine de sites web générés par l’IA.

Mais la Russie n’est pas le seul pays à s’investir dans le paysage médiatique européen. Une étude récente de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire du ministère français de la Défense a mis en évidence un réseau parallèle de faux sites web en France, contrôlés par des sociétés de communication chinoises. Ces plateformes diffusent du contenu pro-chinois, souvent mal traduit, mélangé à de véritables informations locales. Des sites comme Provencedaily.com ou Friendlyparis.com (désormais hors ligne) en sont des exemples. Ils se présentaient comme des médias indépendants, mais étaient en réalité directement liés au Parti communiste chinois.

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