Publié le 11 janvier 2026 11:29:00. Une héritière sans enfant, disposant d’un patrimoine conséquent, cherche à optimiser sa succession afin de minimiser les impôts sur les droits de transmission, en explorant les différentes options légales pour redistribuer ses biens.
- Il est possible d’offrir chaque année jusqu’à 3 000 € à un nombre illimité de personnes sans déclencher d’impôt sur les donations.
- Les neveux et nièces bénéficient d’un abattement fiscal de 40 000 € (sous réserve de ne pas avoir déjà reçu d’autres donations), tandis que les autres bénéficiaires sont exonérés jusqu’à 20 000 €.
- L’exonération des « petits cadeaux » offre une grande flexibilité, mais il faut veiller à ce que les dons profitent réellement au bénéficiaire et ne soient pas détournés vers d’autres personnes.
La question de la transmission de patrimoine est universelle, et la volonté de préserver au maximum ses biens pour ses proches est compréhensible. Les droits de succession, bien que conçus pour réduire les inégalités financières liées à la richesse héritée, suscitent souvent des interrogations. Contrairement à une idée reçue, l’État ne prélève pas la « majorité » d’une succession : le taux d’imposition des acquisitions de capital, plus communément appelé droits de succession, est plafonné à 33 %, après application de divers abattements.
Pour une personne disposant d’un patrimoine important, comme c’est le cas ici avec deux maisons et d’autres actifs, cette part d’impôt peut néanmoins représenter une somme considérable. Il existe donc des stratégies pour minimiser l’impact fiscal, même en l’absence de conjoint ou d’enfants.
En Irlande, un conjoint peut hériter de l’intégralité du patrimoine sans impôt, et un enfant peut bénéficier d’un abattement de 400 000 € (un montant susceptible de varier en fonction de la conjoncture économique). À défaut d’enfants, les neveux, nièces, frères, sœurs et petits-enfants peuvent hériter jusqu’à 40 000 € sans impôt, tandis que les autres bénéficiaires sont exonérés jusqu’à 20 000 €.
L’élément clé réside dans le lien de parenté avec le bénéficiaire, ainsi que dans les éventuelles donations ou héritages qu’il a déjà reçus. Tous les dons et héritages d’une même catégorie sont cumulés pour déterminer si le seuil d’exonération a été atteint. Par exemple, si un neveu reçoit 40 000 € de votre part, mais a déjà hérité de 10 000 € d’un autre membre de la famille, seul 30 000 € seront exonérés d’impôt.
Il est donc crucial, pour limiter l’impact fiscal, de répartir les bénéfices de la succession entre un maximum de proches et d’amis, tout en tenant compte des abattements applicables à chaque catégorie de bénéficiaire.
L’exonération des petits cadeaux
L’exonération des petits cadeaux, qui permet d’offrir jusqu’à 3 000 € par an à un nombre illimité de personnes, constitue un outil précieux et flexible. Cette disposition s’applique à tous, qu’il s’agisse de membres de la famille, d’amis, de connaissances, ou même de commerçants locaux. L’avantage est que les dons reçus par un bénéficiaire provenant de différentes sources ne sont pas pris en compte les uns par rapport aux autres.
Il est possible de faire des dons chaque année, de manière régulière ou irrégulière, tant que la somme n’excède pas 3 000 € par personne et par année civile. Cependant, il est important de s’assurer que le don profite réellement au bénéficiaire et ne soit pas utilisé pour le compte d’une autre personne. Par exemple, un don de 3 000 € à une nièce pour l’aider à payer son loyer, accompagné d’un don de 3 000 € à chacun de ses enfants avec l’intention que cet argent soit également versé à la mère, sera considéré par l’administration fiscale comme un don de 12 000 € à la nièce, entraînant une imposition sur 9 000 €.
Il convient également de prendre en compte l’impact de ces dons sur le coût des soins en maison de retraite, si besoin. Dans le cadre du système public de financement des soins de longue durée, les actifs cédés au cours des cinq années précédentes sont pris en compte dans l’évaluation financière.
Autres exonérations
D’autres exonérations peuvent également être envisagées, comme l’allégement des maisons d’habitation. Si une personne réside dans votre maison principale pendant au moins trois ans avant votre décès, elle peut hériter de celle-ci sans impôt, à condition qu’elle n’ait aucune autre propriété. Elle devra continuer à y vivre pendant au moins six ans, sous peine de devoir rembourser une partie de l’allégement.
Les personnes handicapées bénéficient également d’une exonération totale sur les sommes reçues en héritage, à condition que cet argent soit destiné à couvrir leurs frais médicaux. Il est important de préciser dans le testament que les fonds sont destinés à cet usage spécifique.
Enfin, les legs à des œuvres caritatives et les biens patrimoniaux peuvent également bénéficier d’exonérations fiscales. Les organismes de bienfaisance connaissent bien les procédures à suivre pour obtenir ces allégements, tandis que les biens patrimoniaux doivent présenter un intérêt national, scientifique, artistique ou historique et être accessibles au public.
Veuillez adresser vos questions à Dominic Coyle, Q&A, The Irish Times, 24-28 Tara Street, Dublin 2, ou par courriel à [email protected] en indiquant votre numéro de téléphone. Cette chronique est un service aux lecteurs et ne saurait se substituer à un conseil professionnel.
