Publié le 10 décembre 2023. Le troisième dimanche de l’Avent, dit « Gaudete », invite les fidèles à la joie et à la patience dans l’attente de la naissance de Jésus, tout en rappelant que la venue du Christ ne correspond pas toujours aux attentes humaines.
Le dimanche de Gaudete, marquant un tournant dans la préparation à Noël, est célébré ce 10 décembre. Son nom, tiré du latin « gaudete » qui signifie « réjouissez-vous », imprègne la liturgie d’un esprit d’espérance et de joie, particulièrement exprimé dans l’antienne d’entrée : « Gaudete in Domino semper : iterum dico, gaudete » (Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous).
Cette année, la liturgie de la Parole pour ce troisième dimanche de l’Avent met en lumière trois invitations essentielles : une foi mûrie, la joie, et la patience. Ces appels interviennent alors que l’attente messianique, souvent teintée d’espoirs précis, peut se heurter à la réalité de la venue du Christ.
Nombreux sont ceux qui, confrontés à la réalité de la vie de Jésus, ont pu ressentir un sentiment de désillusion. Jésus n’a pas libéré Israël du joug romain, n’a pas guéri toutes les maladies, et sa vie s’est achevée sur une croix. Il a déçu les attentes d’une libération politique et matérielle immédiate. C’est dans ce contexte que l’Évangile souligne : « Bienheureux celui qui ne se scandalise pas par moi. »
Pourtant, il est crucial de ne pas imposer à Dieu notre propre conception de sa venue. Nous ne sommes pas en mesure de dicter son calendrier ou la manière dont il choisit de se révéler. En réalité, les signes accomplis par Dieu dépassent largement ceux prophétisés par Isaïe. La résurrection des morts, par exemple, est un signe de sa puissance et de son amour. Mais le signe ultime de sa proximité est précisément son sacrifice : « Personne n’aime autant que celui qui donne sa vie pour ceux qu’il aime. »
De plus, le Christ attendu était bien plus grand que ce que pouvaient imaginer les prophètes de l’Ancien Testament. Il n’était pas simplement un prophète ou un sage, mais la Parole de Dieu elle-même, la Sagesse divine incarnée. Il a assumé notre condition humaine, porté nos souffrances, et révélé le visage de Dieu. La réalité a donc dépassé les rêves les plus audacieux, même si elle a pu briser certains espoirs.
Enfin, l’humanité du Christ implique un abaissement de Dieu et une forme de mystère. Il est possible de ne pas reconnaître sa présence dans une réalité aussi humble, voire de s’en scandaliser. Même après l’avoir reconnu, Dieu reste un inconnu. Sa révélation est un mystère que le croyant doit accepter par la foi. La perception de la révélation divine est un acte de soumission, une obéissance.
Le troisième dimanche de l’Avent est aussi une invitation à la joie, rappelée par l’antienne d’entrée qui donne son nom à cette journée. Noël, fête de joie et de salut, approche, et nous sommes invités à le célébrer avec une allégresse débordante. La promesse n’est pas une renaissance personnelle, mais la présence continue du Christ, né il y a environ 2 000 ans.
Enfin, cette liturgie nous appelle à la patience. Nous ne devons pas dicter à Dieu le cours des événements. Nous pouvons aspirer à la fin de nos épreuves personnelles ou à l’avancée de la foi dans la société, mais c’est Dieu seul qui est le Seigneur de l’histoire, maître du temps et de l’éternité.
Votre frère dans la foi,
Alejandro, CMF
