Home SantéCommon Pass : Une nouvelle approche pour tirer parti des outils numériques préservant la confidentialité pour la pandémie de COVID19 – par Rahul Konapur, @ Rahul Konapur ; Nachiket Gudi, @GudiNachiket ; Oommen John, @oommen_john

Common Pass : Une nouvelle approche pour tirer parti des outils numériques préservant la confidentialité pour la pandémie de COVID19 – par Rahul Konapur, @ Rahul Konapur ; Nachiket Gudi, @GudiNachiket ; Oommen John, @oommen_john

by Sophie Martin

La reprise des voyages internationaux, freinée par la pandémie de COVID-19, pourrait bientôt être facilitée par des solutions numériques innovantes. Un nouveau passeport sanitaire, baptisé « Common Pass », est actuellement testé pour permettre des déplacements transfrontaliers plus sûrs et plus fluides.

Depuis le début de la pandémie, plus de 2 320 497 personnes sont décédées et 106 125 682 ont été infectées dans le monde. Face à cette crise sanitaire, de nombreux pays ont imposé des restrictions de voyage strictes, paralysant notamment le secteur aérien. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 194 pays ont mis en place des restrictions de visa et 143 ont fermé leurs frontières dès le début du mois d’avril.

Le « Common Pass », développé conjointement par The Commons Project et le Forum économique mondial, est une plateforme numérique interopérable qui permet aux voyageurs de documenter leurs informations liées au COVID-19, telles que les résultats de tests et les preuves de vaccination. La plateforme vérifie également la fiabilité des sources de ces données, et permet aux pays d’adapter leurs exigences d’entrée en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

Concrètement, le fonctionnement est le suivant : les gouvernements définissent les conditions d’entrée dans leur pays, qui sont ensuite intégrées au format standard du « Common Pass ». Les voyageurs effectuent des tests dans des laboratoires certifiés, dont les résultats sont téléchargés sur la plateforme. Ces résultats sont ensuite convertis en un code QR scannable, confirmant que le voyageur peut entrer sur le territoire.

Cette initiative se distingue des « passeports d’immunité » actuellement discutés. Alors que ces derniers attestent d’une immunité contre la maladie, le « Common Pass » se concentre sur la preuve d’un test négatif récent. L’OMS avait d’ailleurs mis en garde, dès avril 2020, contre l’utilisation de passeports d’immunité, soulignant l’absence de preuves solides de protection contre une deuxième infection pour les personnes ayant déjà contracté le virus. « Il n’existe actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont rétablies du COVID-19 et qui possèdent des anticorps soient protégées contre une deuxième infection », avait déclaré l’organisation.

Parallèlement, l’Association du transport aérien international (IATA) a également développé son propre outil, « Travel Pass », qui devrait être disponible au premier trimestre 2021. Cette application repose sur quatre composants interopérables, dont la création d’un passeport numérique.

Si ces solutions numériques promettent de faciliter la reprise des voyages, elles soulèvent également des questions importantes en matière de confidentialité et de protection des données. Des organisations comme Amnesty International ont déjà exprimé des préoccupations concernant les applications de traçage des contacts, pointant du doigt des risques potentiels pour la vie privée des individus. Il est donc crucial que ces outils soient mis en œuvre dans le respect des réglementations en vigueur, comme le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

Des tests du « Common Pass » sont actuellement en cours sur la ligne transatlantique entre Londres et Newark. D’autres essais sont prévus dans différentes régions du monde afin d’évaluer l’efficacité de la plateforme. Au-delà du secteur aérien, ces solutions pourraient également être appliquées dans d’autres domaines, tels que le tourisme, l’hôtellerie, le divertissement, et même dans les établissements d’enseignement et les événements sportifs.

Pour garantir le succès de ces initiatives, une harmonisation des protocoles de test et de partage des données de vaccination au niveau international est essentielle. L’absence de format standard pour les résultats de laboratoire constitue actuellement un obstacle majeur à la validation de l’état de santé des voyageurs.

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