Home MondeCongrès José Jerí Mars 15 octobre Dina Boluarte José Jerí et son impossible priorité, une chronique de Fernando Vivas TLCnota | POLITIQUE

Congrès José Jerí Mars 15 octobre Dina Boluarte José Jerí et son impossible priorité, une chronique de Fernando Vivas TLCnota | POLITIQUE

by Clara Dubois

Publié le 20 octobre 2025 à 02h40. Face à une criminalité grandissante, le président péruvien José Jerí a sollicité du Congrès des pouvoirs législatifs exceptionnels, une démarche qui intervient après une semaine chaotique marquée par des nominations ministérielles tardives et une forte pression des forces de l’ordre.

  • Un collectif d’entrepreneurs exhorte le Congrès à accorder des pouvoirs législatifs accrus à l’exécutif pour lutter contre la criminalité.
  • La priorité affichée de José Jerí, la sécurité, est mise à l’épreuve par des contradictions internes au sein du gouvernement et des forces de police.
  • La mort d’un civil lors de manifestations récentes a révélé des tensions et des divergences au sein de la police péruvienne.

Le nouveau président péruvien, José Jerí, a rapidement fait de la lutte contre l’insécurité sa priorité absolue, cherchant à obtenir du Congrès des pouvoirs législatifs élargis pour renforcer l’action de l’exécutif. Cette initiative intervient dans un contexte de forte instabilité politique et sociale, exacerbée par une criminalité en hausse et des manifestations récurrentes.

L’urgence de la situation a poussé Jerí à convoquer les maires de Lima pour discuter de la crise sécuritaire, une démarche perçue par certains comme une tentative de consolider son pouvoir face à une opposition fragmentée. Les maires, dont l’approbation populaire dépasse souvent celle des parlementaires, ont exprimé leur soutien à la politique anti-criminalité du président, mais ont également souligné les limites de leurs propres ressources et compétences.

La nomination de Vicente Tiburcio au poste de ministre de l’Intérieur a suscité des réactions mitigées. Son profil, associé à la lutte contre le terrorisme dans le passé, est perçu comme rassurant par certains membres du Congrès, mais soulève des inquiétudes quant à son approche face aux défis actuels de la criminalité urbaine. Tiburcio, ancien membre du GEIN (Groupe d’Intervention des Forces Spéciales), avait été mis à la retraite par Pedro Castillo en 2022, suscitant des interrogations sur les motivations de cette décision.

La mort d’Eduardo Ruiz Sánz (32 ans), tué par une balle de la police lors de manifestations, a mis en lumière des tensions au sein des forces de l’ordre. Le commandant général de la PNP (Police Nationale du Pérou), Óscar Arriola, a reconnu la responsabilité de la police dans cet incident, mais des contradictions subsistent quant aux circonstances exactes du tir. Arriola a annoncé la suspension du policier impliqué, Luis Magallanes, tout en niant initialement l’existence d’une liste restreinte de policiers autorisés à utiliser la force. Ces déclarations contradictoires ont semé la confusion et alimenté les critiques à l’encontre du gouvernement.

La situation est d’autant plus complexe que le gouvernement Jerí est confronté à une crise de légitimité. Le président a improvisé son entrée en fonction suite à la vacance du poste de Dina Boluarte, et se retrouve désormais à devoir composer avec un Parlement divisé et une opinion publique méfiante. La photo du président entouré des commandants des forces armées, diffusée par la présidence, a été interprétée par certains comme un signe de faiblesse, soulignant la dépendance de Jerí à l’égard de l’armée et de la police pour maintenir l’ordre.

La demande de pouvoirs législatifs exceptionnels pourrait permettre à Jerí de contourner les blocages parlementaires et de mettre en œuvre rapidement des mesures de lutte contre la criminalité. Cependant, cette démarche soulève des inquiétudes quant au respect des principes démocratiques et à la séparation des pouvoirs. Le gouvernement n’a pour l’instant pas précisé la nature des pouvoirs qu’il sollicite, ni les mesures concrètes qu’il envisage de prendre.

« Le Président et le Premier ministre sont apparus à El Potao dans une de ces cérémonies au cours desquelles les forces de l’ordre entendent faire sentir au pouvoir politique civil qui a le dessus. »

Héctor Villalobos, analyste politique

L’insécurité citoyenne, qui était initialement la priorité affichée de Jerí, semble désormais céder le pas à l’insécurité politique du gouvernement lui-même. Tant que les tensions internes ne seront pas apaisées et qu’une stratégie claire et cohérente ne sera pas mise en œuvre, la lutte contre la criminalité risque de rester lettre morte.

Le président José Jerí a participé à diverses activités dans divers quartiers généraux de la Police nationale (PNP) en reconnaissance des agents qui ont participé au contrôle des manifestations du 15 octobre. (Photo : Présidence)

Le président José Jerí a participé à diverses activités dans divers quartiers généraux de la Police nationale (PNP) en reconnaissance des agents qui ont participé au contrôle des manifestations du 15 octobre. (Photo : Présidence)

/ JAIRO DIAZ

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.