Une étude menée par l’Université de California, Davis démontre que l’ajout de coquilles broyées dans le sable des plages atténue l’acidité locale de l’eau interstitielle. Cette technique ancestrale pratiquée par les peuples autochtones aide les jeunes clams à croître et neutralise le stress génétique provoqué par l’acidification des océans.
Comment des coquilles broyées protègent-elles les jeunes clams de l’acidification des océans
L’absorption de l’excès de dioxyde de carbone atmosphérique par les océans modifie l’équilibre chimique de l’eau et abaisse son pH.
Pour les organismes dotés de coquilles, ce phénomène rend la construction de leur carapace nettement plus difficile et énergivore. Des chercheurs de l’Université de California, Davis ont analysé les effets du mélange de fragments de coquilles dans les sédiments sableux.
L’équipe a suivi de jeunes clams durant une période de quatre-vingt-dix jours au laboratoire marin de Bodega. Du gravat de coquilles a été introduit dans le sable.
Les scientifiques ont observé une modification chimique directe de l’eau qui circule dans les minuscules espaces séparant les grains de sable. Cela réduit l’acidité globale de ce micro-environnement.
Quels bénéfices physiques et génétiques ont mesurés les chercheurs de l’Université de California, Davis
L’expérience menée sur quatre conditions distinctes a révélé des impacts mesurables tant sur la croissance des spécimens que sur leur profil biologique interne. Les jeunes clams logés dans des sédiments enrichis en fragments calcaires ont développé des coquilles plus grandes en moyenne par rapport au groupe témoin.
Nous avons constaté qu’en moyenne, les clams développaient des coquilles plus grandes lorsque des fragments de coquilles étaient présents dans leur traitement.
Hannah Kempf, chercheuse en sciences de l’environnement au California State Water Board et première auteure de l’étude, via Eurekalert
L’analyse du tissu du manteau effectuée à l’issue de l’essai a mis en évidence une protection au niveau moléculaire. Les profils d’expression génétique des mollusques placés dans l’eau acidifiée additionnée de coquilles ressemblaient fortement à ceux des sujets maintenus dans une eau non acidifiée.
L’ajout de coquilles broyées a supprimé les modifications génétiques négatives qui se produisent lorsque de jeunes clams sont élevés dans de l’eau acidifiée.
David Gold, professeur associé en sciences de la Terre et des planètes à l’Université de California, Davis, via Eurekalert
En quoi cette démarche valide-t-elle les savoirs traditionnels des communautés autochtones
L’intervention locale testée en laboratoire fait écho à des pratiques séculaires menées par les populations indigènes côtières pour préserver la santé des littoraux. Dans le Nord-Ouest Pacifique, certaines communautés façonnent de vastes structures intertidales favorisant l’habitat des invertébrés.
Selon les co-auteurs des travaux publiés dans la revue Biogeosciences, ces enseignements empiriques offrent des pistes solides pour réorienter la conservation marine moderne vers une collaboration étroite avec les tribus locales.
S’il existe un historique d’ajout de fragments de coquilles dans les gisements de clams dans le Nord-Ouest Pacifique, par exemple, la science occidentale pourrait être en mesure de mieux soutenir les communautés souhaitant réveiller des connaissances culturelles endormies et des pratiques de gestion côtière.
Tsim Schneider, professeur associé d’anthropologie à l’Université de California, Santa Cruz et chercheur affilié au Center for Braiding Indigenous Knowledges and Science de la National Science Foundation, via Eurekalert
Quelles limites les scientifiques posent-ils quant à l’utilisation à grande échelle de cette méthode
Des résultats encourageants démontrent une baisse du stress lié à l’acidification dans l’espace interstitiel. Du gravat de coquilles a été introduit dans le sable.
Les auteurs rappellent que cette manipulation sédimentaire ne constitue pas une solution miracle contre le dérèglement climatique mondial.