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Lac Nyos : le mécanisme d’une éruption limnique meurtrière en 1986

Dans la nuit du 21 août 1986, le lac Nyos dans le nord-ouest du Cameroun a libéré entre 100 000 et 300 000 tonnes de dioxyde de carbone.

Lac Nyos : le mécanisme d'une éruption limnique meurtrière en 1986

Dans la nuit du 21 août 1986, le lac Nyos dans le nord-ouest du Cameroun a libéré entre 100 000 et 300 000 tonnes de dioxyde de carbone. Ce phénomène rarissime, appelé éruption limnique, a fait 1 746 victimes humaines et tué près de 3 500 têtes de bétail sans laisser de blessures apparentes.

Vers 21 h 30, un drame invisible s’est abattu sur la région camerounaise où les habitants des villages proches du lac Nyos s’étaient endormis sans se douter de la catastrophe qui se préparait. Au réveil, les rares survivants ont découvert leurs proches, leurs voisins et leurs animaux gisant sans vie, sans qu’aucune maison ne soit détruite et sans le moindre bruit suspect.

Le gaz piégé dans le cratère

Une chambre magmatique injecte continuellement du CO₂ dans les eaux profondes, où le gaz s’accumule sous pression pendant des années. Un brusque brassage des eaux déclenche alors une remontée massive, comparable à l’ouverture d’une bouteille de soda préalablement secouée. Aucun tremblement de terre ni éruption volcanique visible n’a provoqué cette hécatombe.

Lac Nyos – Éruption limnique du 21 août 1986

Le nuage de dioxyde de carbone, plus dense que l’air, a dévalé les vallées à une vitesse de 50 km/h sur une distance maximale de 25 kilomètres. Il a privé les habitants endormis de l’oxygène nécessaire à leur survie. Un événement similaire s’était déjà produit en 1984 au lac Monoun, également situé au Cameroun.

Les colonnes installées en 2001

En 2001, des colonnes de dégazage ont été mises en place pour évacuer progressivement le gaz accumulé, grâce à une collaboration menée avec une équipe de l’université de Savoie et le chercheur français Michel Halbwachs. Alors qu’un jet de gaz atteignait 50 mètres de hauteur en 2001, il ne dépassait plus deux mètres lors des dernières mesures.

Environ 90 % du gaz dangereux aurait ainsi disparu. Selon Michel Halbwachs, le lac Nyos ne présente plus de risque d’explosion dans son état actuel. La vigilance est requise ailleurs, notamment au lac Kivu, situé entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, qui contiendrait 300 fois plus de gaz que le lac Nyos avant sa tragédie, alors que des millions de personnes résident sur ses rives.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.