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« Courir ne coûte rien » – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 3 janvier 2024. De plus en plus de Dublinois adoptent le vélo cargo, une alternative pratique et économique à la voiture, notamment pour les trajets quotidiens et les courses familiales.

  • Le vélo cargo, autrefois réservé aux professionnels, gagne en popularité auprès des particuliers à Dublin.
  • Le programme « Cycle to Work » encourage l’achat de vélos, y compris les modèles cargo et électriques, grâce à des avantages fiscaux.
  • Les utilisateurs soulignent la commodité, les faibles coûts d’entretien et l’impact positif sur la réduction de la circulation automobile.

Ciarán Mulqueen, enseignant à Dublin 8, témoigne de l’attrait croissant de ces deux-roues polyvalents. Il y a trois ans, il a investi dans un vélo cargo après avoir constaté leur utilisation fréquente par d’autres parents pour se rendre à l’école. Aujourd’hui, il l’utilise quotidiennement pour déposer ses deux enfants à la crèche, se rendre au travail, faire ses courses et même rendre visite à sa mère.

L’histoire du vélo cargo remonte à la fin du XIXe siècle, où il était utilisé par les artisans, les agriculteurs et les facteurs en Europe pour transporter des marchandises. Il a depuis évolué pour devenir un moyen de transport personnel prisé, souvent équipé d’une assistance électrique pour faciliter le transport de charges lourdes, notamment des enfants.

Pour M. Mulqueen, opter pour le vélo était une évidence, surtout que sa femme utilise la voiture familiale pour se rendre au travail et qu’ils ne souhaitaient pas en acquérir une seconde. Son modèle électrique ne nécessite qu’une recharge tous les dix jours environ, pour un coût minime.

« Cela ne coûte que quelques centimes, peut-être 20 ou 30. Cela ne coûte rien de fonctionner. Je n’ai rien à redire. »

Ciarán Mulqueen, enseignant

L’achat a été facilité par le programme « Cycle to Work », une initiative gouvernementale lancée en 2009 qui permet aux employés d’acquérir des vélos hors taxes, avec un remboursement via des retenues sur salaire. Ce programme prévoit une dépense maximale de 3 000 € pour les vélos cargo et électriques.

Bien qu’il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre de vélos cargo achetés dans le cadre de ce programme, en raison de l’absence d’obligation de déclaration pour les employeurs, l’engouement est palpable. Depuis que M. Mulqueen a fait l’acquisition du sien, deux autres parents et un collègue enseignant de son école ont suivi son exemple.

Shane Farrell, habitant Santry, Dublin, a également été séduit par la praticité du vélo cargo. Il peut ainsi déposer son fils à l’école Montessori et se rendre au centre-ville en 35 minutes, un trajet qui lui prendrait au moins une heure en transports en commun.

« J’aime la commodité du vélo cargo. »

Shane Farrell, habitant de Santry

Avant d’acquérir ce vélo, il dépensait jusqu’à 70 € par semaine en frais de stationnement.

Les professionnels du secteur constatent également cette tendance. Kevin Lacey, fondateur de Kuma Bikes, qui possède trois magasins à Dublin et Cork, conçoit et fabrique des vélos cargo. Il a récemment collaboré avec une entreprise italienne pour créer un modèle plus léger. Il estime que ses magasins ont vendu près de 300 vélos cargo au cours des 18 derniers mois, les familles représentant 90 % de sa clientèle.

Rob Cummins, directeur général de Wheelworx, observe également une augmentation des ventes, avec des chiffres à deux chiffres dans ses magasins de Lucan, Finglas et Naas. Il prévoit une croissance significative du marché en 2026, estimant que la popularité croissante des vélos cargo à Dublin contribue à leur démocratisation.

« Au début, ils ont l’air grands et bizarres, mais dans la plupart des grandes villes européennes, ils font partie de la vie quotidienne et sont utilisés en permanence. Les gens s’y voient maintenant. »

Rob Cummins, directeur général de Wheelworx

M. Cummins prédit que la prochaine génération considérera le vélo cargo comme un moyen de transport normal, soulignant son coût avantageux par rapport à une voiture électrique. Il estime que le gouvernement devrait envisager d’augmenter le montant maximum de 3 000 € pour les vélos cargo afin d’encourager davantage leur adoption et de réduire la circulation automobile.

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