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Le rhinovirus confirmé comme cause de pneumonie chez l’adulte

by Thomas Caron

Publié le 2026-01-03 10:05:00. Longtemps considéré comme responsable uniquement du simple rhume, le rhinovirus pourrait être impliqué dans des pneumonies plus graves chez l’adulte, selon une étude rétrospective menée sur plus de 9 500 patients hospitalisés.

  • Une étude révèle que le rhinovirus est détecté chez près de 5 % des adultes hospitalisés pour des infections respiratoires.
  • La recherche apporte la première preuve directe que le rhinovirus peut infecter les cellules pulmonaires chez les adultes.
  • Le sexe masculin, la fièvre et la toux sont identifiés comme des facteurs de risque de pneumonie associée au rhinovirus.

Le rhinovirus, connu de tous comme la principale cause du rhume, est désormais l’objet d’un regain d’intérêt de la part des chercheurs. Une nouvelle étude remet en question l’idée reçue selon laquelle ce virus ne serait responsable que de symptômes bénins des voies respiratoires supérieures. Les résultats suggèrent que le rhinovirus pourrait jouer un rôle plus important dans les infections pulmonaires graves chez l’adulte, notamment la pneumonie.

L’étude rétrospective, portant sur une période allant de janvier 2020 à décembre 2023, a analysé les données de plus de 9 500 adultes hospitalisés ayant subi un test de dépistage du rhinovirus par RT-PCR. Les résultats ont montré que le virus a été détecté chez 4,6 % des patients. Des pics saisonniers ont été observés à la fin de l’hiver et au début du printemps, ainsi qu’en automne, ce qui correspond à la circulation habituelle du rhinovirus dans la population.

Il est important de noter que près de la moitié des patients positifs au rhinovirus présentaient également d’autres infections, souvent d’origine bactérienne ou virale. Cette complexité clinique explique en partie pourquoi le rôle du rhinovirus dans les pneumonies graves a pu être sous-estimé jusqu’à présent.

Parmi les 437 patients chez lesquels le rhinovirus a été détecté, plus de la moitié ont développé une pneumonie. Cependant, seul un nombre limité de patients remplissaient les critères diagnostiques d’une pneumonie virale « pure », où le rhinovirus était considéré comme la cause principale de l’infection.

L’analyse statistique a révélé trois facteurs de risque indépendants de pneumonie à rhinovirus : le sexe masculin, la présence de fièvre et la toux. Les patients qui toussaient présentaient un risque particulièrement élevé, ce qui suggère que le rhinovirus devrait être envisagé comme une cause possible de pneumonie virale, en particulier chez les hommes présentant des symptômes respiratoires fébriles.

La découverte la plus significative de cette étude réside dans l’analyse histologique. Chez les patients ayant subi un lavage broncho-alvéolaire et une biopsie pulmonaire, la présence de la protéine VP3 du rhinovirus a été détectée dans les cellules des voies respiratoires inférieures dans plus de 60 % des cas examinés. Il s’agit de la première preuve tissulaire directe que le rhinovirus peut infecter les cellules alvéolaires et des voies respiratoires inférieures chez les adultes en bonne santé.

Cette découverte met fin à un débat de longue date sur le rôle du rhinovirus dans les infections pulmonaires. Les résultats confirment que le virus possède une véritable capacité à infecter les voies respiratoires inférieures, et qu’il n’est pas simplement détecté de manière fortuite dans les échantillons respiratoires.

Ces résultats ont des implications importantes pour la prise en charge des patients atteints d’infections respiratoires. Le rhinovirus ne doit plus être considéré comme un simple contaminant lorsqu’il est détecté chez un adulte atteint de pneumonie. Il pourrait s’agir d’une cause sous-diagnostiquée d’infection virale des voies respiratoires inférieures, en particulier pendant les périodes de forte circulation virale.

Bien que les co-infections soient fréquentes, cette étude démontre que le rhinovirus peut provoquer une pneumonie de manière indépendante. Une meilleure reconnaissance de ce virus pourrait influencer les stratégies diagnostiques, les mesures de contrôle des infections et les futures recherches sur les traitements antiviraux.

Référence

Zhang R et coll. Infection des voies respiratoires inférieures associée au rhinovirus chez les patients adultes hospitalisés : une étude de cohorte rétrospective. J Infecter Dis. 2025 ; DOI : 10.1093/infdis/jiaf651.

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