Publié le 30 septembre 2025 à 19h34. Le groupe bancaire français Crédit Agricole explore activement un rapprochement avec Banco BPM, une des principales banques italiennes, suscitant l’intérêt du gouvernement italien qui souhaite garantir la protection des petites entreprises et de l’épargne nationale.
- Crédit Agricole est en discussions avec Rome concernant les conditions d’une éventuelle fusion avec Banco BPM.
- Le gouvernement italien exige des garanties pour préserver l’accès au crédit pour les petites entreprises, clientèle de base de Banco BPM.
- Des assurances concernant la gestion de l’activité de gestion d’actifs, Anima Holding, rachetée par Banco BPM, sont également demandées.
Ces discussions interviennent après que Crédit Agricole a renforcé sa participation dans Banco BPM, atteignant un peu plus de 20% du capital via des contrats dérivés, après avoir obtenu l’autorisation de détenir jusqu’à 29,9%. Banco BPM avait échappé en juillet à une offre de rachat d’UniCredit et envisageait alors plusieurs options stratégiques, dont un rapprochement avec sa principale actionnaire, Crédit Agricole, ou une fusion avec Monte dei Paschi di Siena, où BPM détient une participation minoritaire.
L’opération est d’autant plus favorable à Crédit Agricole que Monte dei Paschi di Siena est actuellement concentrée sur l’acquisition de Mediobanca, conclue ce mois-ci. L’Italie dispose de pouvoirs spécifiques lui permettant de contrôler les transactions impliquant des actifs considérés comme stratégiques, notamment dans le secteur bancaire.
Le ministre italien de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, a déclaré la semaine dernière qu’il n’avait aucune “objection politique” à un accord entre Banco BPM et Crédit Agricole, tout en soulignant que son ministère veillerait à l’application de la législation en vigueur pour protéger les intérêts nationaux.
Une source proche du dossier a précisé que la banque française s’est engagée à fournir les garanties jugées nécessaires par Rome pour valider un rapprochement entre Crédit Agricole Italie et Banco BPM.
Contacté, un représentant de Crédit Agricole n’a pas souhaité faire de commentaire.
(Reportage Giuseppe Fonte à Rome et Valentina Za à Milan ; version française Coralie Lamarque, édité par Kate Entringer)
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