Publié le 27 décembre 2025 à 00h03. L’année 2025 a été marquée par une multiplication des catastrophes climatiques à travers le monde, engendrant des pertes humaines considérables et des dégâts matériels estimés à plus de 120 milliards de dollars (environ 112 milliards d’euros). Un rapport alarmant souligne que ces événements, loin d’être de simples « catastrophes naturelles », sont la conséquence directe de la crise climatique et de l’inaction politique.
- Les cyclones et inondations en Asie du Sud-Est ont causé la mort de plus de 1 750 personnes.
- Les incendies de forêt en Californie ont dépassé les 400 décès, pour un coût estimé à 60 milliards de dollars (environ 56 milliards d’euros).
- Les 10 pires catastrophes climatiques de 2025 représentent plus de 120 milliards de dollars de pertes assurées.
L’Asie du Sud-Est a particulièrement souffert cet automne avec une succession de cyclones et d’inondations dévastatrices. Plus de 1 750 personnes y ont perdu la vie et les dégâts s’élèvent à plus de 25 milliards de dollars (environ 23 milliards d’euros). La Chine a également été touchée par des inondations majeures, entraînant le déplacement de milliers de personnes et causant pour environ 12 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros) de dommages, avec au moins 30 décès recensés.
Parallèlement, l’Amérique du Nord a été confrontée à des incendies de forêt d’une ampleur inédite en Californie, qui ont fait plus de 400 morts et engendré 60 milliards de dollars (environ 56 milliards d’euros) de dégâts. La péninsule ibérique a également été ravagée par des incendies records, tandis que le Canada a subi de longues périodes de sécheresse et l’Écosse a enregistré des vagues de chaleur exceptionnelles.
Selon un rapport annuel de l’association caritative Christian Aid, les 10 pires catastrophes climatiques de 2025 ont engendré plus de 120 milliards de dollars (environ 112 milliards d’euros) de pertes assurées. Cependant, les pertes réelles sont probablement bien plus élevées, car seuls les coûts couverts par les assurances ont pu être évalués avec précision. Les coûts humains, en termes de vies perdues, de déplacements de population et de pertes de moyens de subsistance, sont incommensurables.
Les auteurs du rapport insistent sur le fait que qualifier ces événements de « catastrophes naturelles » est une erreur. La professeure émérite de physique atmosphérique à l’Imperial College de Londres, Joanna Haigh, explique :
« Le monde paie un prix toujours plus élevé pour une crise que nous savons déjà comment résoudre. Ces catastrophes ne sont pas « naturelles » : elles sont le résultat inévitable de l’expansion continue des énergies fossiles et des retards politiques. »
Si le coût économique des catastrophes est souvent plus élevé dans les pays développés, où les populations et les entreprises peuvent se permettre de souscrire des assurances, l’impact réel est bien plus lourd dans les pays en développement. Mohamed Adow, directeur du groupe de réflexion Power Shift Africa, souligne :
« Alors que les pays riches évaluent le coût financier des catastrophes, des millions de personnes en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes comptent les vies, les maisons et l’avenir perdus. »
Il appelle les gouvernements à cesser de fermer les yeux et à apporter un soutien réel aux populations les plus vulnérables.
Le rapport met également en lumière la série de typhons qui ont frappé les Philippines, forçant plus de 1,4 million de personnes à quitter leur domicile et causant 5 milliards de dollars (environ 4,6 milliards d’euros) de dégâts. La sécheresse en Iran menace d’évacuer les 10 millions d’habitants de Téhéran, tandis que des inondations ont touché la République démocratique du Congo et le Nigeria, faisant 700 morts. Les inondations en Inde et au Pakistan ont quant à elles causé la mort de plus de 1 860 personnes, coûté environ 6 milliards de dollars (environ 5,6 milliards d’euros) et affecté plus de 7 millions de personnes au Pakistan.
Lors du Sommet de l’ONU sur le climat (Cop30) à Belém en novembre, les pays riches se sont engagés à tripler les financements destinés à aider les pays pauvres à s’adapter aux conséquences des événements météorologiques extrêmes. Ce triplement, qui devrait atteindre 120 milliards de dollars (environ 112 milliards d’euros) d’ici 2035, reste toutefois insuffisant pour financer l’ensemble des mesures de protection nécessaires dans les pays en développement.
Patrick Watt, directeur général de Christian Aid, conclut que la facture des dommages climatiques extrêmes ne cessera de s’alourdir tant que le monde ne réduira pas ses émissions de gaz à effet de serre et ne renoncera pas aux combustibles fossiles :
« Ces catastrophes climatiques sont un avertissement sur ce qui nous attend si nous n’accélérons pas la transition vers l’abandon des combustibles fossiles. Elles soulignent également le besoin urgent d’adaptation, en particulier dans les pays du Sud, où les ressources sont limitées et où les populations sont particulièrement vulnérables aux chocs climatiques. »
À la Cop30, une initiative visant à élaborer des feuilles de route pour l’élimination progressive des combustibles fossiles a été reléguée au statut d’initiative volontaire. Toutefois, les travaux débuteront cette année, sous la direction du Brésil, pays hôte de la Cop30, et lors d’une conférence spéciale sur les combustibles fossiles qui se tiendra en Colombie en avril, à laquelle participeront plus de 80 pays.