Publié le 17 décembre 2025 à 16h05. Le président Emmanuel Macron a mis en garde contre une application précipitée de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, face aux pressions agricoles et à l’absence de garanties sur le respect des normes européennes.
- La France s’oppose fermement à un vote sur l’accord dans l’état actuel, estimant que les améliorations demandées ne sont pas suffisantes.
- Les récentes protestations des agriculteurs français, inquiets face à une concurrence déloyale, exercent une pression accrue sur le gouvernement.
- La signature de l’accord, prévue en marge du sommet européen, reste incertaine en raison du manque de consensus entre les États membres.
Lors d’un conseil des ministres à Paris, le président Macron a clairement exprimé son opposition à une “application forcée” de l’accord avec le Mercosur, regroupant le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon,
« Si les autorités européennes avaient la volonté de l’appliquer par la force, la France s’y opposerait très durement. »
Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement français
La France avait déjà manifesté ses réserves ce week-end, jugeant que les conditions nécessaires à un vote favorable n’étaient pas réunies. Paris insiste sur le fait que les améliorations demandées dans le cadre de l’accord restent incomplètes et nécessitent des précisions et une mise en œuvre concrète. “On ne peut pas prendre des décisions sur la base d’annonces”, a souligné une source gouvernementale.
Les inquiétudes des agriculteurs français, qui craignent une concurrence accrue en raison de normes moins strictes au sein du Mercosur, ont exacerbé les tensions. Ces protestations mettent le gouvernement français sous pression pour défendre les intérêts du secteur agricole.
Négocié depuis 1999, l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur vise à créer une zone de libre-échange de plus de 700 millions d’habitants, potentiellement la plus vaste au monde. La Commission européenne a conclu les négociations en décembre dernier, malgré les critiques persistantes de la France et d’autres États membres. Cependant, l’accord nécessite l’approbation de tous les États membres de l’UE pour entrer en vigueur.
Une signature était envisagée cette semaine, en marge du sommet des chefs d’État et de gouvernement européens. Il reste toutefois incertain de savoir si la majorité qualifiée nécessaire sera atteinte pour valider l’accord.
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