Publié le 24 octobre 2024 à 03:11:00. Le Canada peine à diversifier ses marchés d’exportation et reste fortement dépendant des États-Unis, notamment en raison d’une faible intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Une analyse du Globe and Mail souligne la nécessité de se concentrer sur les biens intermédiaires pour stimuler les échanges commerciaux avec l’Asie et l’Europe.
- Le Canada se classe 50e en 2023 en matière de « complexité économique », le plaçant en queue de peloton parmi les pays du G7.
- La diversification commerciale du Canada nécessite de s’éloigner de l’exportation de matières premières et de se concentrer sur les produits intermédiaires.
- L’augmentation des échanges avec l’Europe pourrait être favorisée en identifiant les avantages comparatifs du Canada dans la production de biens intermédiaires.
Le débat sur la diversification commerciale est souvent abordé avec des exemples dépassés, comme le commerce du tissu contre le vin au XIXe siècle, selon une analyse récente. L’article d’opinion paru dans Le Globe and Mail met en lumière les défis auxquels le Canada est confronté pour atteindre l’objectif fixé par Mark Carney de doubler ses exportations non américaines au cours de la prochaine décennie.
Si l’idée d’accroître les échanges avec l’Asie est largement acceptée, les perspectives d’augmentation du commerce avec l’Europe sont jugées plus modestes par certains. L’article cite l’exemple des constructeurs automobiles nord-américains, se demandant :
« Comment évalueriez-vous les chances pour General Motors Co., Ford Motor Co. ou Stellantis NV de vendre sur le marché allemand l’un des rares véhicules qu’elles produisent encore en Ontario ? »
Cependant, les experts, notamment ceux familiers avec la théorie du dégroupage de Richard Baldwin, rappellent que la majorité des échanges commerciaux concernent des biens intermédiaires, des composants utilisés dans la fabrication de produits finis. Les processus de production sont de plus en plus fragmentés et répartis à travers le monde au sein de chaînes de valeur mondiales.
Le Canada, malheureusement, n’est pas suffisamment intégré à ces chaînes de valeur. La mesure de la « complexité économique », qui évalue la diversité et la sophistication de la base d’exportation d’un pays, illustre ce problème. Avec un score de 50 en 2023, le Canada se situe en dessous de la moyenne des pays du G7. L’économie canadienne est principalement axée sur l’exportation de matières premières, et les activités liées aux processus de production transnationaux sont largement concentrées aux États-Unis. C’est pourquoi le Canada ne fournit pas de batteries aux constructeurs automobiles allemands, par exemple.
Pour améliorer sa position, le Canada doit identifier les secteurs où il possède un avantage comparatif dans la production de biens intermédiaires et développer ses exportations dans ce domaine. Cette stratégie pourrait permettre de diversifier ses marchés et de renforcer son intégration dans l’économie mondiale.
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