La désertification des soins de maternité s’accentue en milieu rural aux États-Unis, avec la fermeture annoncée de plusieurs services de travail et d’accouchement. Un nouveau rapport met en lumière les difficultés financières croissantes des hôpitaux ruraux, qui peinent à maintenir ces services essentiels pour les futures mères.
Selon une étude du Center for Healthcare Quality and Payment Reform (CHQPR), 27 hôpitaux ruraux ont fermé ou prévoient de fermer leurs unités de travail et d’accouchement d’ici la fin de l’année 2025, contre 21 l’année précédente. Depuis fin 2020, ce sont 116 établissements qui ont interrompu ces services ou annoncé leur arrêt prochain. Les fermetures observées cette année sont parmi les plus importantes des cinq dernières années, après les 34 signalées en 2023.
Cette situation a des conséquences directes sur l’accès aux soins pour les femmes enceintes. Actuellement, seulement 41 % des hôpitaux ruraux américains proposent encore des services de maternité. Dans 12 États, ce chiffre tombe même en dessous de 30 %. Les patientes vivant en zone rurale doivent parcourir en moyenne une demi-heure pour atteindre un hôpital offrant ces services, et ce temps peut dépasser les 50 minutes dans certains cas, alors que les femmes vivant en ville n’ont généralement que 20 minutes de trajet.
Les difficultés financières sont au cœur du problème. Les hôpitaux ruraux, déjà fragilisés, voient leurs marges se réduire en raison d’un remboursement insuffisant des coûts liés aux soins de maternité par les assurances privées et le programme Medicaid. Selon le rapport, plus de 120 hôpitaux ruraux qui assurent encore des accouchements ont subi des pertes financières au cours des deux dernières années, les poussant à envisager la fermeture de ces unités pour survivre.
Le coût de la main-d’œuvre, en constante augmentation, et les difficultés de recrutement de personnel spécialisé (obstétriciens-gynécologues et infirmières en obstétrique) aggravent la situation. « Il devient de plus en plus difficile pour les hôpitaux ruraux de recruter et de retenir ces professionnels, et certains ne parviennent tout simplement pas à maintenir un niveau de personnel qu’ils jugent sûr », explique Harold Miller, président et directeur général du CHQPR. « Il est devenu chaque année plus difficile pour les hôpitaux ruraux de recruter et de retenir des obstétriciens-gynécologues et des infirmières en obstétrique, et certains hôpitaux n’ont tout simplement pas été en mesure de maintenir ce qu’ils estiment être un niveau de personnel sûr. »
Le CHQPR propose une solution potentielle : repenser le système de remboursement des soins de maternité. L’idée serait de mettre en place des paiements de capacité de réserve, basés sur le nombre de femmes en âge de procréer couvertes par l’assurance dans la zone géographique de l’hôpital, afin de garantir un financement stable pour le maintien du personnel et des infrastructures nécessaires. Un système de paiement combinant une somme forfaitaire et un montant par naissance pourrait également rendre les dépenses plus prévisibles pour les assureurs et les revenus plus stables pour les hôpitaux.
L’analyse intervient à un moment critique, alors que les hôpitaux ruraux pourraient être confrontés à des pressions financières accrues suite à l’adoption du “One Big Beautiful Bill Act”, qui prévoit des réductions significatives dans le financement de Medicaid. Cette législation pourrait entraîner la perte de couverture pour des millions de personnes, augmentant ainsi les frais de soins non remboursés pour les hôpitaux et réduisant leurs revenus.
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