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De plus en plus de femmes plus jeunes souffrent de fossettes cardiaques à cause de Postcovid

by Sophie Martin

Publié le 10 octobre 2024 20:42:00. Une étude suédoise révèle une augmentation significative des cas de syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) chez les jeunes femmes après une infection au Covid-19, soulignant un manque criant de prise en charge pour ces patients.

  • Près d’un tiers des personnes souffrant de séquelles graves du Covid-19 développent également un POTS.
  • Les femmes jeunes sont particulièrement vulnérables à ce syndrome, potentiellement en raison de facteurs hormonaux et immunologiques.
  • Le manque de structures médicales spécialisées et de diagnostics précoces laisse de nombreux patients sans l’aide nécessaire.

De plus en plus de jeunes femmes se plaignent de palpitations cardiaques persistantes après avoir été infectées par le Covid-19. Une nouvelle étude menée par l’Institut Karolinska en Suède met en lumière une corrélation inquiétante entre l’infection et le développement du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), une affection qui provoque une accélération anormale du rythme cardiaque lors du passage à la position debout. Avant la pandémie, environ 1 % de la population était diagnostiquée avec le POTS, mais les chiffres ont considérablement augmenté depuis.

Le POTS se manifeste par des palpitations, des vertiges et une sensation de faiblesse, rendant difficile le maintien d’une vie normale. « Il sera très difficile de vivre avec une telle condition », explique Judith Bruchfeld, responsable de l’étude et professeur agrégé au Karolinska Institutet. Elle précise que les symptômes peuvent s’accompagner de troubles cognitifs, communément appelés « brouillard cérébral », potentiellement liés à une diminution du flux sanguin vers le cerveau.

L’étude de l’Institut Karolinska révèle que près d’un tiers des patients présentant des séquelles sévères du Covid-19 souffrent également de POTS. Judith Bruchfeld, également médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de Karolinska, souligne que ce chiffre pourrait être sous-estimé, car de nombreux patients ne bénéficient pas d’un diagnostic précis. « Ce n’est pas une hypothèse, mais nous savons que beaucoup ont du post-covid et qui ne subissent pas les investigations nécessaires », a-t-elle déclaré, déplorant le manque de structures dédiées à la prise en charge des maladies post-infectieuses. À l’heure actuelle, seuls deux centres spécialisés existent dans le pays.

L’étude met également en évidence une prédisposition particulière des jeunes femmes au développement du POTS après une infection au Covid-19. Plusieurs hypothèses sont envisagées pour expliquer cette disparité, notamment des différences hormonales et immunologiques entre les sexes. « Le système immunitaire des femmes diffère de celui des hommes. Il se pourrait que dans le cas des Covid de longue durée, une certaine proportion soit atteinte de virus, qui à leur tour déclenchent le système immunitaire. Mais si cela en soi provoque le POTS, ce n’est pas clair », explique Judith Bruchfeld.

Les chercheurs espèrent que ces nouvelles connaissances permettront d’améliorer la prise en charge des patients atteints de POTS. Bien que des médicaments puissent atténuer les symptômes, de nombreux patients n’ont pas accès aux soins appropriés. Judith Bruchfeld insiste sur l’absence d’une filière de soins structurée pour les patients post-Covid, qui représentent désormais environ 3 % de la population. « Il y a encore beaucoup de travail à faire. Il s’agit d’un grand groupe de patients atteints de Covid de longue durée qui ne reçoivent actuellement pas une aide adéquate et si vous avez une forme plus difficile comme le POTS, vous n’êtes pas du tout capable de travailler, ce qui coûte à la société sauf la souffrance individuelle », conclut-elle.

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