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Déballage de l’accord-cadre sur les minéraux critiques entre les États-Unis et l’Australie

by Clara Dubois

Publié le 20 octobre 2025 21:22:00. Les États-Unis et l’Australie ont signé un accord ambitieux pour renforcer leur coopération dans le domaine des minéraux critiques, une initiative stratégique visant à réduire leur dépendance à l’égard de fournisseurs potentiellement adverses et à consolider leurs chaînes d’approvisionnement pour les technologies de défense de nouvelle génération.

  • Un investissement initial d’au moins 1 milliard de dollars US (environ 925 millions d’euros) sera déployé dans des projets situés aux États-Unis et en Australie au cours des six prochains mois.
  • Les deux pays s’engagent à freiner les acquisitions d’actifs miniers par la Chine, notamment par le biais de contrôles d’investissements et de pressions diplomatiques.
  • La collaboration inclura des mécanismes de soutien des prix pour contrer les pratiques de manipulation du marché, notamment celles attribuées à la Chine.

Cet accord marque une étape décisive dans la volonté américaine et australienne de sécuriser l’accès aux minéraux essentiels à leur économie et à leur sécurité nationale. Il intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de restrictions croissantes à l’exportation de terres rares imposées par la Chine.

L’Australie, déjà un partenaire clé des États-Unis, joue un rôle central dans cette stratégie. Le pays est le premier au monde en termes d’investissements dans l’exploration de terres rares, attirant 64 millions de dollars US (environ 59 millions d’euros) en 2024, soit 45 % du total mondial. L’Australie abrite également 89 projets d’exploration actifs, surpassant largement le Canada, le Brésil et les États-Unis.

Les deux nations s’engagent à mettre en place des systèmes commerciaux basés sur des normes communes, incluant des prix planchers, afin de stabiliser les marchés et de lutter contre les distorsions de prix. Cette question est d’autant plus cruciale que la Chine est accusée de manipuler les marchés en inondant l’offre pour faire chuter les prix et rendre les mines d’autres pays non viables. Ces discussions devraient également être au cœur des débats lors du prochain sommet du G7.

La signature de cet accord s’accompagne d’un renforcement de la coopération en matière de défense. L’Australie s’engage à augmenter ses dépenses militaires et à investir dans des équipements américains, notamment des véhicules sous-marins sans pilote Anduril (pour 1,2 milliard de dollars US, soit environ 1,1 milliard d’euros) et des hélicoptères Apache (pour 2,6 milliards de dollars US, soit environ 2,4 milliards d’euros). Elle contribue également à la modernisation de la base industrielle sous-marine américaine, avec un investissement de 1 milliard de dollars US (environ 925 millions d’euros) et s’apprête à en ajouter un autre milliard d’ici la fin de l’année.

Plusieurs projets concrets sont déjà en cours de développement. La Banque américaine d’import-export (EXIM) devrait approuver des lettres d’intérêt pour un financement total de 2,2 milliards de dollars US (environ 2 milliards d’euros). RZ Resources, une société australienne, a récemment obtenu un financement historique d’EXIM, le premier depuis 2013. Le Département américain de la Défense soutient également le développement d’une raffinerie de gallium en Australie occidentale, un projet trilatéral impliquant également le Japon. Le gouvernement australien a également annoncé un investissement de 100 millions de dollars US (environ 92,5 millions d’euros) dans le projet Arafura Nolans, qui devrait produire 5 % de la production mondiale de terres rares une fois opérationnel.

Un partenariat stratégique a également été conclu entre la société américaine Noveon Magnetics, seul fabricant national d’aimants permanents, et la société australienne Lynas Rare Earths, afin de développer une chaîne d’approvisionnement américaine pour les aimants permanents aux terres rares. Protocole d’accord Noveon Magnetics et Lynas Rare Earths

Selon l’ambassadeur d’Australie, Kevin Rudd, les minéraux critiques sont fondamentalement des atouts de défense. Discussion au CSIS avec l’ambassadeur Rudd L’approfondissement de la coopération minière entre les États-Unis et l’Australie s’inscrit donc naturellement dans le cadre de leur partenariat de défense de longue date, l’un des plus solides et des plus fiables dont disposent les États-Unis.

Gracelin Baskaran est directrice du programme de sécurité des minéraux critiques au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, DC. Kessarin Horvath est gestionnaire de programme pour le programme de sécurité des minéraux critiques au CSIS.

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