Home SantéDécouverte d’une cause génétique de la perte de vision héréditaire

Découverte d’une cause génétique de la perte de vision héréditaire

by Sophie Martin

Publié le 16 octobre 2025. Des chercheurs viennois et graztois ont identifié une nouvelle cause génétique d’atrophie optique héréditaire, une maladie dégénérative oculaire qui conduit à une perte progressive de la vision. Cette découverte ouvre la voie à un diagnostic génétique plus précis et à de nouvelles pistes de recherche sur les mécanismes de cette pathologie.

  • Une équipe de recherche a découvert une variante génétique du gène PPIB, jusqu’alors inconnue, comme étant responsable d’une forme d’atrophie optique héréditaire.
  • Cette variante affecte le fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules, et a été identifiée chez douze patients issus de neuf familles différentes.
  • Environ 60 % des personnes atteintes d’atrophie optique n’ont actuellement aucun diagnostic génétique, soulignant l’importance de cette avancée.

L’étude, menée conjointement par l’Université de médecine de Vienne et l’Université de médecine de Graz, s’est concentrée sur l’analyse génétique d’une vaste famille autrichienne où sept membres sur trois générations souffraient d’atrophie optique. Grâce au séquençage complet du génome, les chercheurs ont mis en évidence une variante inédite du gène PPIB (peptidylprolyl isomérase B). Ce gène joue un rôle crucial dans le repliement correct des protéines et dans l’élimination des protéines mal conformées.

Les investigations ont révélé que cette variante génétique perturbe le fonctionnement des mitochondries dans les cellules des patients. Une fonction mitochondriale défaillante est un facteur commun à de nombreuses formes d’atrophie optique héréditaire. En élargissant leur analyse aux données génomiques existantes, l’équipe a identifié douze patients supplémentaires, issus de huit familles distinctes, porteurs de la même mutation. « Nous avons ainsi pu établir le gène PPIB comme un nouveau gène impliqué dans l’atrophie optique », explique le professeur Wolfgang M. Schmidt, responsable de l’étude au Centre d’anatomie et de biologie cellulaire de MedUni Vienne.

Le professeur Thomas P. Georgi, co-responsable de l’étude à la clinique ophtalmologique universitaire de MedUni Graz, souligne l’importance de cette découverte pour le diagnostic : « L’identification de cette variante génétique permet désormais d’envisager un diagnostic génétique qui faisait défaut dans de nombreux cas. » Cela permettra d’offrir un conseil génétique plus précis aux familles concernées et d’adapter les soins médicaux aux besoins spécifiques de chaque patient.

L’atrophie optique est une maladie dégénérative du nerf optique qui entraîne une destruction progressive des cellules ganglionnaires rétiniennes, responsables de la transmission des signaux visuels au cerveau. Les premiers symptômes incluent une baisse de l’acuité visuelle, des troubles de la perception des couleurs et des anomalies du champ visuel central. Il existe une vingtaine de formes d’atrophie optique connues, la plupart étant liées à un dysfonctionnement mitochondrial. Malgré les progrès du diagnostic génétique, la cause exacte de la maladie reste inconnue dans environ 60 % des cas.

Cette recherche, fruit d’une collaboration entre le Centre d’anatomie et de biologie cellulaire de MedUni Vienne, la Clinique universitaire d’ophtalmologie et d’optométrie de MedUni Vienne, le Centre de recherche sur le cancer de MedUni Vienne et la Clinique ophtalmologique universitaire de l’Université de Graz, contribue à combler cette lacune concernant le gène PPIB. Les prochaines étapes consisteront à déterminer précisément comment cette variante du gène PPIB influence le métabolisme cellulaire et à identifier d’éventuelles autres mutations génétiques associées à l’atrophie optique.

Publication : Genetics in Medicine
Une variante faux-sens récurrente du gène PPIB codant pour la peptidylprolyl isomérase B est à l’origine de l’atrophie optique autosomique dominante apparaissant à l’âge adulte.
Katharina Valentin, Monika Kustermann, Mona R. Schneider, Haleh Aminfar, Kathrin Vollnhofer, Andreas Wedrich, Christoph Stapf, Martin Bertich, Markus Ritter, Theresa Mendrina, Daniel Valcanover, Walter Berger, Margret Eckhard, Andy Sombke, Stephanie V. Lilja, Amina Paquay, Bernhard Rosensteiner, Iris Schmidt, Reginald E. Bittner, Thomas P. Georgi, Berthold Pemp, Wolfgang M. Schmidt.

L’article est publié dans Genetics in Medicine, une revue officielle de l’American College of Medical Genetics and Genomics (ACMG).

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