L’adoption d’une loi visant à déclassifier les dossiers liés à Jeffrey Epstein intervient dans un contexte de tensions politiques et de révélations troublantes, tandis que Donald Trump continue de faire face à des accusations et de gracier des alliés impliqués dans des affaires judiciaires sensibles.
À retenir
- Le Congrès américain a voté en faveur de la publication des dossiers liés à Jeffrey Epstein, une décision qui pourrait révéler des informations compromettantes sur des personnalités influentes.
- Donald Trump a accordé des grâces à plusieurs de ses alliés, dont certains ont été impliqués dans des tentatives de remise en question des résultats de l’élection présidentielle de 2020.
- Les tensions s’intensifient avec la Colombie après des frappes américaines contre des navires soupçonnés d’être liés au trafic de drogue, et Trump menace de poursuivre la BBC pour diffamation.
Contexte
Mardi 18 novembre, les deux chambres du Congrès américain ont approuvé un projet de loi exigeant la publication des dossiers relatifs à Jeffrey Epstein, un financier accusé d’exploitation sexuelle de mineures. Le texte est désormais soumis à la signature de Donald Trump, qui devrait l’approuver. Cependant, le ministère de la Justice pourrait invoquer des exceptions pour limiter la divulgation des informations, ou les publier sous forme expurgée.
Cette unité rare entre démocrates et républicains au Congrès fait suite à la diffusion de courriels compromettants, dans lesquels Epstein affirmait que Donald Trump « était au courant pour les filles ». Par ailleurs, les témoignages de femmes affirmant avoir été victimes d’abus sexuels commis par Epstein ont exercé une pression accrue sur les législateurs et l’administration Trump.
Karoline Leavitt, la porte-parole de Trump, a dénoncé la publication de ces courriels, les qualifiant de « faux récit » orchestré par les « médias libéraux » dans le but de diffamer l’ancien président. Trump a toujours nié toute affiliation avec Epstein et ses activités illégales.
Ce qui change
Parallèlement à cette affaire, Donald Trump a récemment gracié plusieurs de ses alliés politiques, dont Kenneth Chesebro, John Eastman, Boris Epshteyn, Rudy Giuliani, Mark Meadows et Sidney Powell. Ces individus ont été impliqués dans des efforts visant à contester les résultats de l’élection présidentielle de 2020. Rudy Giuliani a notamment fait pression sur les législatures des États clés pour rejeter les victoires de Joe Biden, tandis que Eastman et Chesebro sont des avocats qui ont élaboré une stratégie pour convaincre le vice-président Mike Pence d’annuler les résultats du scrutin.
Ces grâces présidentielles empêchent toute nouvelle poursuite judiciaire contre ces personnes. Toutefois, leur légalité est remise en question, car « les présidents n’ont pas le pouvoir de pardonner les crimes d’État », selon des experts juridiques.
Trump a également gracié plus de 1 000 personnes impliquées dans l’insurrection du 6 janvier 2021, notamment des émeutiers qui ont attaqué les forces de l’ordre au Capitole.
Sur le plan international, le président colombien Gustavo Petro a annoncé la suspension du partage de renseignements avec les États-Unis en réponse aux frappes américaines contre des navires soupçonnés d’être liés au trafic de drogue dans les eaux caribéennes. Au moins 83 personnes ont été tuées dans ces opérations depuis août 2025, selon le New York Times. Les frappes ont débuté au sud des Caraïbes, près des côtes du Venezuela, avant de se déplacer vers le Pacifique oriental, au large du Mexique.
L’administration Trump avait accusé Petro et sa famille d’être impliqués dans le trafic de drogue et de faire preuve de complaisance envers les trafiquants.
Enfin, Donald Trump a annoncé un plan visant à distribuer 2 000 dollars (environ 1 850 euros) aux ménages américains à revenus moyens et faibles, grâce aux revenus générés par les droits de douane imposés l’année précédente. Cependant, Erica York, de la Tax Foundation, estime qu’il existe un « écart d’au moins 100 milliards de dollars » entre les recettes attendues des droits de douane et le montant promis par Trump. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a suggéré que ces 2 000 dollars pourraient être versés sous forme de réductions d’impôts.
Prochaines étapes
Donald Trump a menacé de poursuivre la BBC pour diffamation suite à la diffusion d’un documentaire intitulé « Panorama », réclamant jusqu’à 5 milliards de dollars. Il accuse la chaîne britannique d’avoir manipulé des images pour donner l’impression qu’il avait incité à la violence lors de son discours du 6 janvier 2021. La BBC a présenté ses excuses pour la confusion causée par le montage du documentaire, mais a contesté les accusations de diffamation. À la suite de cette controverse, la chef de l’information de la BBC, Deborah Turness, et le directeur général, Tim Davie, ont démissionné.
Le Congrès américain devra approuver tout versement d’argent aux citoyens, car il est responsable de la politique budgétaire.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de personnes graciées impliquées dans l’élection de 2020 | 6 |
| Nombre de personnes graciées impliquées dans l’insurrection du 6 janvier | Plus de 1 000 |
| Nombre de personnes tuées dans les frappes contre les bateaux soupçonnés de trafic de drogue (depuis août 2025) | Au moins 83 |
| Montant promis aux ménages américains à revenus moyens et faibles | 2 000 dollars (environ 1 850 euros) |
Sources
- BBC
- Politique
- New York Times
- Associated Press
- Radio Nationale Publique
- BNC
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