Publié le 24 novembre 2023 16:43:00. Chaque huit jours, une femme est assassinée aux Pays-Bas, souvent par son partenaire ou ex-partenaire. Face à cette tragédie, une nouvelle campagne de sensibilisation, « Où es-tu ? », vise à dénoncer le contrôle coercitif, une forme de violence insidieuse souvent précurseur du féminicide.
- Une femme est assassinée tous les huit jours aux Pays-Bas, le plus souvent par son (ex-)partenaire.
- La campagne « Où es-tu ? » vise à sensibiliser le public au contrôle coercitif et à encourager les victimes à demander de l’aide.
- Des mesures d’ordonnance d’interdiction temporaire peuvent être imposées par les maires en cas de menace de violence domestique.
La lutte contre les violences faites aux femmes reste une urgence, comme le rappelle la Journée internationale du 25 novembre. Le gouvernement néerlandais a lancé un plan d’action ambitieux, « Stop au féminicide ! », dont la campagne « Où es-tu ? » est une composante essentielle. Cette initiative publique a pour objectif de sensibiliser les citoyens aux signaux d’alerte du contrôle coercitif, une forme de manipulation psychologique et de domination qui précède fréquemment les actes de violence physique.
Le contrôle coercitif, qui peut débuter par des attentions et de l’affection, se transforme progressivement en une relation dangereuse où l’isolement, la jalousie, les menaces et la restriction des libertés individuelles sont monnaie courante. Il touche des femmes et des filles de tous âges et de tous horizons. Selon la Fondation IBCE de Leidschendam, il est crucial de signaler ces situations aux autorités et de solliciter de l’aide.
« La violence s’arrête rarement d’elle-même. Elle s’aggrave souvent. »
Soignante, Fondation IBCE
Plusieurs organismes proposent un accompagnement aux victimes, notamment Veilig Thuis Haaglanden, qui offre des conseils, une protection et une orientation. Il est important de rappeler que demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse, mais un acte de courage. Briser le silence peut sauver des vies, non seulement celle de la victime, mais aussi celle de ses enfants.
Pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit efficace, il est impératif de reconnaître la nature structurelle de ce phénomène. Cela passe par des choix politiques éclairés, un renforcement des dispositifs d’hébergement d’urgence, une meilleure information du public et des poursuites systématiques des auteurs de violence, souligne l’IBCE.
La campagne « Où es-tu ? » s’appuie sur la collaboration de nombreux acteurs, dont les ministères de la Justice et de la Sécurité, de la Santé, du Bien-être social et des Sports, et de l’Éducation, de la Culture et des Sciences (OCW), ainsi que Safe at Home, la police, le ministère public, le service de probation, le Conseil de protection de l’enfance, l’Association des municipalités néerlandaises (VNG), la municipalité d’Amsterdam, le GGD et Jouw Groep.
Si vous êtes inquiet ou si vous reconnaissez des signes de contrôle coercitif dans votre relation ou celle d’une personne que vous connaissez, n’hésitez pas à vérifier vos sentiments et à demander de l’aide. Dix exemples de comportements à surveiller incluent : le manque de considération pour les besoins de l’autre, le chantage, le désir constant de savoir où se trouve l’autre personne, l’isolement de la famille et des amis, l’interdiction de sortir seul, la jalousie excessive, le contrôle des réseaux sociaux, les humiliations, les menaces et l’empêchement de prendre des décisions autonomes.
Pour obtenir de l’aide ou des informations, vous pouvez contacter Veilig Thuis via le chat sur www.veiligthuis.nl ou par téléphone au 0800 2000 (numéro gratuit). Un contact anonyme est également possible. À Leidschendam Voorburg, vous pouvez vous adresser à la Stichting IBCE, Valkhof 67 Leidschendam, [email protected], tél. 06 55 34 44 69. En cas de danger immédiat, composez le 112.