Publié le 15 janvier 2026 21:01:00. L’Inde impose des conditions strictes à Dassault Aviation pour la production locale de 114 avions de combat Rafale, notamment en matière de transfert de technologie et d’intégration d’armement indien. Cette nouvelle étape vise à renforcer l’autonomie stratégique de l’Inde dans le domaine de la défense.
- L’Inde exige l’intégration d’armes, de missiles et de munitions de fabrication indienne sur les futurs Rafale.
- Dassault Aviation devra modifier le logiciel de ses avions pour permettre un système de commande transparent des armes et un partage de données sécurisé avec les systèmes indiens.
- Un accord de 8 milliards de dollars est en cours de finalisation pour renforcer les capacités aériennes de l’Inde.
Dans le cadre du programme « Make in India », l’Inde a fixé des clauses non négociables à Dassault Aviation concernant la production de 114 nouveaux avions de combat Rafale sur son territoire. Ces exigences, révélées par La Tribune, portent principalement sur le niveau de transfert de technologie (ToT) et l’intégration de composants et d’armements indiens.
Selon des sources, l’un des points clés concerne l’intégration d’armes, de missiles et de munitions conçus et fabriqués en Inde sur l’ensemble des 114 appareils. Dassault Aviation devra également fournir des liaisons de données sécurisées permettant une intégration numérique complète des Rafale avec les radars et capteurs indiens, transmettant des images en temps réel aux contrôleurs au sol. Bien que ces exigences puissent paraître simples, elles impliquent des modifications significatives du logiciel embarqué des avions, notamment pour le système de commande des armes et le traitement des données.
Le transfert de technologie ne se limitera pas à la fabrication des cellules d’avion. Il inclura également les moteurs, fournis par Safran, et l’avionique, développée par Thales. L’objectif est d’atteindre un niveau d’indigénisation compris entre 55 % et 60 % une fois le processus de ToT achevé. L’Indian Air Force (IAF) exploite déjà 36 Rafale acquis en 2015, et la Marine indienne a commandé 26 versions marines du même appareil. L’acquisition de nouveaux avions devrait permettre de réduire les coûts de maintenance grâce à des économies d’échelle.
Les Rafale indiens bénéficieront des dernières améliorations apportées à l’appareil. L’IAF utilise actuellement la version « F3R », identique à celle de l’armée de l’air française. Dassault Aviation a présenté la version « F-4 », une mise à niveau significative, et l’Inde envisage un mélange de cette version et de la future version « F-5 ». La mise à niveau comprend notamment une nouvelle génération de radars à balayage électronique actif (AESA) offrant une portée de détection accrue et une meilleure résistance à la guerre électronique. Ces améliorations visent à renforcer la capacité de l’appareil à détecter et à contrer les menaces émergentes, grâce à une meilleure identification des cibles et à l’utilisation de missiles à plus longue portée, ainsi qu’à des algorithmes d’intelligence artificielle pour assister le pilote dans sa prise de décision.
Un centre de formation au pilotage et de maintenance, réparation et révision (MRO) du Rafale est déjà opérationnel à la base de l’IAF d’Ambala. En juin dernier, Safran a annoncé la création d’un hub MRO pour ses moteurs à Hyderabad. L’IAF, confrontée à une diminution du nombre de ses escadrons, qui est tombé à 29, son niveau le plus bas depuis six décennies, doit rapidement renforcer ses capacités aériennes.
Dassault Aviation a renforcé sa participation dans sa coentreprise avec Reliance Infrastructure, Dassault Reliance Aerospace Limited (DRAL), en augmentant sa part de 49 % à 51 % en septembre dernier, faisant de DRAL une filiale majoritaire de la société française.
À ne pas manquer
