Publié le 30 décembre 2025 à 05h00. Les dons par héritage aux associations caritatives néerlandaises sont en forte hausse, atteignant près de 500 millions d’euros en 2024, une tendance qui témoigne d’une volonté croissante de soutenir des causes importantes au-delà de la mort.
- Les associations caritatives œuvrant dans les domaines de la santé, de l’aide internationale, des droits de l’homme et de l’aide sociale sont les principales bénéficiaires de ces legs.
- Les revenus des legs de la Société de protection des animaux ont doublé au cours des dix dernières années, atteignant 20 millions d’euros par an.
- Le Fonds du Concertgebouw, qui dépend fortement des dons, constate également une augmentation significative des legs, allant de 1 000 euros à la valeur d’une maison entière.
Soutenir une cause qui nous tient à cœur par le biais d’un héritage est devenu une pratique de plus en plus courante aux Pays-Bas. D’ici 2024, près de cinq cent millions d’euros (500 000 000 €) auront été légués à des associations caritatives reconnues, une augmentation de plus de quarante pour cent par rapport à la situation d’il y a cinq ans. Cette tendance reflète un changement dans les mentalités et une volonté de laisser un impact positif durable.
Les associations caritatives bénéficiant du label de qualité CBF (Centraal Bureau Fondsenwerving), la norme de qualité pour les organisations caritatives aux Pays-Bas, sont particulièrement avantagées. Seules les organisations qui répondent à des exigences de qualité strictes peuvent prétendre à ce label, garantissant ainsi la transparence et l’efficacité de leurs actions.
Un élan pour les animaux
La Société de protection des animaux est l’une des organisations qui bénéficie le plus de cette tendance. Jana van Muijden, conseillère en dons importants, explique :
« Nous sommes toujours étonnés de voir des gens nous léguer tout ou partie de leurs biens. C’est très spécial. »
Les revenus des legs de l’Organisation de protection des animaux ont doublé au cours des dix dernières années, passant de dix à vingt millions d’euros par an. Cette augmentation significative permet à l’organisation de renforcer ses actions en faveur du bien-être animal.
Mobilisation et publicité
Le Fonds du Concertgebouw, qui dépend fortement des dons, utilise également la publicité pour sensibiliser le public à la possibilité de laisser un héritage. Simon Reinink, directeur du Concertgebouw, souligne :
« Le magnifique bâtiment, le grand orchestre, cela coûte une somme d’argent incroyable. »
Les héritages qu’il reçoit varient considérablement, “de mille euros à une maison entière”.
Bernard Schols, professeur de droit successoral, observe également une présence croissante des œuvres caritatives dans les testaments, en particulier chez les couples sans enfants et les personnes fortunées. De nombreux notaires disposent même d’un répertoire de toutes les associations caritatives parmi lesquelles les gens peuvent choisir. Il note :
« Je vois des parents riches qui veulent que leurs enfants aient un peu de difficulté dans la vie. »
Une approche humaine
La décision de léguer de l’argent à une association caritative n’est pas toujours simple et peut parfois entraîner des litiges. L’affaire impliquant les CliniClowns en est un exemple. Une héritière contestait le montant restant après le don de son père à l’organisation.
Bernard Schols explique :
« C’est parfois une surprise désagréable pour les proches survivants de constater que tout va à une œuvre caritative et qu’ils n’ont droit qu’à la part ou à la part légitime de leur enfant (la part minimale légale à laquelle les enfants ont droit, ndlr). Mais l’association caritative n’a pas le choix : la volonté du défunt fait loi. »
Les organisations caritatives sont désormais plus attentives à la dimension humaine et s’efforcent de préserver les biens ayant une valeur sentimentale pour les proches.
Selon le rapport Donner aux Pays-Bas 2024, 54 pour cent des personnes de plus de 55 ans ont rédigé un testament, dont huit pour cent incluent des associations caritatives. Les chercheurs estiment que le montant annuel pourrait atteindre au moins 2,1 milliards d’euros d’ici 2048, et même 6,7 milliards d’euros dans le scénario le plus favorable.
