La Belgique a éliminé le Sénégal 3-2 lors des 16es de finale de la Coupe du monde 2026, mercredi 1er juillet au Lumen Field de Seattle. Menés 2-0 jusqu’à la 86e minute, les Diables Rouges ont renversé le match en fin de rencontre, provoquant des tensions internes et des polémiques tactiques.
Le scénario improbable du Lumen Field
Le match a basculé dans un chaos total durant les dernières minutes du temps réglementaire. Selon Foot Mercato, le Sénégal maîtrisait totalement la rencontre et menait 2-0 à la 86e minute, semblant certain d’atteindre les huitièmes de finale.
L’effondrement des Lions de la Teranga a été brutal. Romelu Lukaku et Youri Tielemans ont inscrit deux buts en trois minutes pour arracher l’égalisation. Le dénouement est intervenu lors des prolongations, où Tielemans a offert la qualification à la Belgique en transformant un penalty au bout du temps additionnel.
Le score final de 3-2 laisse un goût amer au camp sénégalais. Plusieurs joueurs se sont d’ailleurs pris au sélectionneur Pape Thiaw et à son staff après le coup de sifflet final. Cette élimination a déclenché une vague de critiques immédiates dans la presse sénégalaise, L’Équipe rapporte que certains médias locaux ont même utilisé l’expression Pape, Ciao ! pour demander le départ du sélectionneur.
Les critiques de Rudi Garcia envers Pape Thiaw
Malgré la victoire, le sélectionneur belge Rudi Garcia a suscité la controverse lors de sa conférence de presse d’après-match. Le technicien français de 62 ans a ouvertement critiqué les choix tactiques de son homologue sénégalais, estimant que le Sénégal a commis une erreur fondamentale en cherchant à protéger son avance.
On connaît ces équipes, elles perdent leur structure tactique vers la fin du match. On savait aussi que vers 2-0, ils feraient tout pour protéger leur but, ce qui est à mon avis une grave erreur. Rappelez-moi quand on mènera 2-0 de ne pas faire ça, parce que quand vous prenez un but comme ils l’ont fait à 2-1, le match a changé d’âme.
Rudi Garcia, sélectionneur de la Belgique, via Foot Mercato
Cette analyse, perçue comme arrogante par une partie des observateurs, a été accueillie avec froideur, non seulement par les supporters sénégalais, mais aussi par certains membres de son propre effectif.
Altercations et tensions au sein du vestiaire belge
Photo: Sports – Orange
La qualification belge cache un climat interne électrique. Bien avant le dénouement, Youri Tielemans, capitaine de l’équipe, a eu un échange houleux avec Rudi Garcia juste avant la pause. La RTBF rapporte que le milieu de terrain a remballé une consigne de son entraîneur sur un ton loin d’être amical.
Les tensions ne se sont pas limitées au duo joueur-entraîneur. Sports – Orange a souligné une altercation diffusée mondialement entre Tielemans et Leandro Trossard. Le joueur d’Arsenal reprochait à son capitaine de ne pas l’avoir servi sur un centre, obligeant Romelu Lukaku à intervenir pour séparer les deux partenaires.
Loin d’être alarmé par ces disputes, Rudi Garcia a affirmé apprécier cette agressivité.
Romelu (Lukaku) s’est d’abord occupé de les calmer tous les deux. Mes joueurs ont le droit de s’invectiver, de ne pas être d’accord. Ça me plaît. Je ne sais pas pourquoi ils se disputaient mais j’ai envie de voir des joueurs qui ont envie de retourner la table, avec de la grinta.
Rudi Garcia, sélectionneur de la Belgique, via La Dernière Heure
Le sélectionneur a justifié sa position en expliquant que l’équipe manquait d’agressivité dans les duels lors de sa prise de fonction il y a 18 mois, et que le silence entre joueurs serait le pire scénario possible.
Le jugement sévère de la presse belge
Si Garcia se félicite de la victoire, la presse belge est beaucoup moins indulgente sur la qualité de son coaching. Le journal Het Laat Nieuws a été particulièrement cinglant, qualifiant la performance du sélectionneur de catastrophique pendant 85 minutes.
Le quotidien belge a pointé du doigt l’absence de pression, un bloc milieu inefficace et des remplacements qualifiés d’étranges, notamment les sorties de Kevin de Bruyne et de Jérémy Doku. Pour le média, la qualification ne transforme pas Garcia en génie, soulignant que le plan de jeu prenait l’eau de toutes parts avant le retour miraculeux.
L’analyse est partagée par l’émission Deviltime, qui estime que les Diables Rouges auraient tout aussi bien pu être éliminés et que des choix de coaching douteux ne deviennent pas exceptionnels simplement parce que le résultat final est positif.
Cap sur le quart de finale face aux États-Unis
Malgré les fractures internes et les critiques médiatiques, la Belgique poursuit sa route dans la compétition. L’équipe doit maintenant digérer ce match émotionnellement éprouvant avant d’affronter les États-Unis.
La rencontre pour une place en quarts de finale est programmée pour le 7 juillet à 2h00. L’enjeu sera de transformer la grinta évoquée par Garcia en une stabilité tactique, afin d’éviter un nouveau scénario où la qualification ne tiendrait qu’à un miracle de dernière minute.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.