Publié le 31 octobre 2025 à 13h14. Des chercheurs chinois ont mis au point une méthode innovante pour réduire drastiquement les émissions de dioxyde de carbone (CO2) lors de la synthèse Fischer-Tropsch (FTS), un procédé clé pour la production de carburants et de produits chimiques.
- Une nouvelle stratégie catalytique permet de limiter la formation de CO2 à des niveaux quasi nuls lors de la FTS.
- L’ajout d’une infime quantité de bromure de méthyle (5 parties par million) contrôle précisément les réactions chimiques à la surface du catalyseur.
- Cette avancée pourrait ouvrir la voie à une production plus verte et à faible émission de carbone dans l’industrie chimique chinoise.
La synthèse Fischer-Tropsch (FTS) est un procédé industriel essentiel qui convertit le gaz de synthèse, un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone, en carburants liquides ou en produits chimiques de grande valeur, tels que les oléfines. Elle constitue un pont important pour valoriser diverses ressources carbonées, notamment le charbon, le gaz naturel et la biomasse. Les catalyseurs à base de fer, en raison de leur coût abordable et de leur rendement élevé, représentent actuellement plus des deux tiers de la capacité mondiale de FTS.
Cependant, un inconvénient majeur de la FTS catalysée par le fer est la réaction de conversion eau-gaz qui se produit simultanément. Cette réaction génère d’importantes quantités de CO2, entraînant une perte de carbone précieux et un impact environnemental négatif. Les chercheurs de l’Université de Pékin ont trouvé une solution élégante à ce problème.
En intégrant une très faible concentration de bromure de méthyle – seulement 5 parties par million (ppm) – au gaz de synthèse, ils ont réussi à contrôler de manière précise les réactions chimiques qui se déroulent à la surface du fer. Les résultats expérimentaux démontrent que ce bromure de méthyle désactive la voie de formation du CO2, réduisant sa production d’environ 30 % à moins de 1 %, et atteignant des niveaux pratiquement nuls.
Selon le professeur Ma Ding, de l’Université de Pékin, cette découverte est particulièrement importante pour la Chine, où la FTS est largement utilisée dans les industries de transformation du charbon en liquide et de production de gaz de synthèse.
« Notre étude propose une solution technique simple mais efficace qui permet une production verte et à faible émission de carbone d’oléfines ou de carburants liquides. »
Ma Ding, professeur à l’Université de Pékin
Combinée à l’utilisation d’hydrogène renouvelable et à des technologies de gazéification du charbon à faible émission de CO2, cette avancée pourrait ouvrir une nouvelle ère dans la décarbonisation des processus de transformation du charbon en produits chimiques et en carburants. Cette innovation représente donc une étape cruciale vers une industrie chimique plus durable et respectueuse de l’environnement.