Home Technologie et scienceDes chercheurs de l’Institut de génie logiciel repensent la cybersécurité pour une défense moderne – Actualités

Des chercheurs de l’Institut de génie logiciel repensent la cybersécurité pour une défense moderne – Actualités

by Thomas Caron

Publié le 2024-10-27 18:32:00. Face à la sophistication croissante des cyberattaques, l’armée de l’air américaine s’efforce de moderniser la sécurité de ses systèmes d’armes, tout en préservant leurs performances critiques. Une étude de l’Institut de génie logiciel de Carnegie Mellon propose des pistes pour adapter les principes de la « confiance zéro » à des environnements opérationnels complexes.

  • La loi américaine sur l’autorisation de la défense nationale impose l’adoption de pratiques de cybersécurité « zéro confiance », mais leur application directe aux systèmes d’armes pose des défis en termes de performance et de fiabilité.
  • L’Institut de génie logiciel de Carnegie Mellon a analysé comment concilier les exigences de sécurité renforcée avec les contraintes spécifiques des systèmes de défense en temps réel.
  • Les chercheurs proposent un cadre pour aider les ingénieurs à évaluer les risques et à trouver des compromis entre sécurité, performance et interopérabilité.

Pendant des décennies, la sécurité des réseaux numériques de défense reposait sur un principe simple : une fois l’accès accordé, la confiance était implicite. Cette approche, comparable à une forteresse bien gardée, est aujourd’hui remise en question par l’évolution des menaces cybernétiques. Les pirates informatiques sont de plus en plus sophistiqués et capables de contourner les défenses traditionnelles.

L’application directe des pratiques de cybersécurité modernes, conçues pour l’informatique générale, aux systèmes d’armes en temps réel s’avère complexe. La loi sur l’autorisation de la défense nationale impose l’adoption d’une approche dite de « confiance zéro ». Ce modèle part du principe que toute interaction numérique est potentiellement malveillante et exige une vérification constante de chaque utilisateur, appareil ou application. Si cette approche est efficace dans les environnements de bureau, elle peut introduire des risques inacceptables lorsqu’elle est appliquée à des équipements critiques tels que les avions ou les systèmes d’intervention d’urgence. La moindre dégradation des performances ou de la fiabilité pourrait avoir des conséquences désastreuses.

« L’informatique d’entreprise et les systèmes d’armes sont des environnements très différents, avec des risques et des compromis différents », explique Chris Alberts, ingénieur principal et analyste en cybersécurité à l’Institut de génie logiciel (SEI) de l’université Carnegie Mellon. Fin 2024, le Cyber Resiliency Office for Weapon Systems de l’US Air Force a sollicité le SEI pour étudier les modalités d’adaptation de ces normes aux environnements exigeants et critiques.

L’étude menée par les chercheurs du SEI a examiné comment les principes de la confiance zéro, tels que le « principe du moindre privilège » (accorder aux utilisateurs uniquement l’accès strictement nécessaire) et la « présomption de violation » (adopter une défense proactive contre les menaces internes), doivent être adaptés aux contextes de défense. Leur rapport fournit un ensemble de considérations pour les ingénieurs confrontés à ces choix.

Certaines mesures de confiance zéro, comme l’authentification et le chiffrement, peuvent ralentir la réactivité d’un système. « Si vous avez des exigences de temps très précises liées aux objectifs de la mission, vous pourriez rencontrer des problèmes de performance qui pourraient finalement dégrader ou entraîner l’échec de la mission », souligne Alberts. Les ingénieurs doivent également tenir compte des différents environnements opérationnels. Les contrôles de cybersécurité appropriés pour un avion en maintenance peuvent être trop lents ou restrictifs lors d’une mission de sauvetage à grande vitesse.

Alberts estime que les analyses du SEI pourraient déboucher sur un cadre permettant d’appliquer efficacement les principes de la confiance zéro dans les environnements de défense en temps réel. « Nous souhaitons développer un cadre d’évaluation des risques et une méthodologie qui aident les ingénieurs à équilibrer les capacités de sécurité offertes par la confiance zéro avec d’autres caractéristiques essentielles des systèmes d’armes, telles que les performances, l’interopérabilité et la sécurité », conclut-il. « L’objectif ultime est de contribuer à garantir que les systèmes d’armes puissent mener à bien leur mission de manière sûre et sécurisée. »

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