Publié le 16 décembre 2025 01:51:00. Une équipe de l’Université Touro du Nevada a découvert que l’activité physique influence la manière dont certaines hormones circulent dans le corps, en agissant sur de minuscules particules présentes dans le sang. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives sur l’impact de l’exercice sur la santé mentale, le métabolisme et la réponse immunitaire.
- L’exercice physique stimule la liaison d’un précurseur hormonal, le POMC, à des vésicules extracellulaires (VE).
- Ces VE, capables de franchir la barrière hémato-encéphalique, pourraient faciliter l’accès des hormones au cerveau.
- Cette découverte pourrait avoir des implications importantes dans la gestion de la douleur, le traitement de l’obésité et la compréhension de la réponse au stress.
Des chercheurs de l’Université Touro du Nevada ont mis en évidence un mécanisme jusqu’alors méconnu par lequel l’exercice physique module la circulation hormonale. Leur étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), se concentre sur les vésicules extracellulaires (VE), de minuscules particules présentes dans le sang et les autres fluides corporels. Ces VE agissent comme des messagers intercellulaires, transportant des protéines, des lipides et des acides nucléiques d’une cellule à l’autre, et participant également à l’élimination des déchets cellulaires.
Si le rôle des VE dans des processus biologiques tels que la réponse immunitaire et la progression du cancer est déjà bien établi, leur interaction avec les hormones restait largement inexplorée. L’équipe de Touro a choisi d’étudier le proopiomélanocortine (POMC), un précurseur hormonal qui se transforme en diverses hormones, dont les endorphines – responsables de la sensation d’euphorie associée à l’exercice physique – et l’hormone adrénocorticotrope (ACTH), qui régule la réponse du corps au stress.
L’étude a révélé que l’exercice intense augmente de quatre fois la quantité de POMC se liant aux VE. Selon le premier auteur de l’étude, Mark Santos, professeur adjoint à Touro,
« Cette étude ne démontre pas seulement un ‘effet de l’exercice’, mais révèle un nouveau mécanisme biologique dans lequel le stress induit par l’exercice fait que les vésicules extracellulaires agissent temporairement comme des navettes de transport d’hormones dans la circulation sanguine. »
Les chercheurs ont également observé que le POMC lié aux VE est capable de traverser plus efficacement les barrières des vaisseaux sanguins humains, y compris la barrière hémato-encéphalique, que le POMC seul. Cette capacité est cruciale, car le POMC doit être transformé en hormones « matures » pour exercer son action sur le cerveau, une zone notoirement difficile d’accès.
Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer comment cette augmentation du POMC induite par l’exercice affecte réellement le cerveau. Aurelio Lorico, professeur de pathologie à Touro et co-auteur principal de l’étude, souligne l’importance de cette découverte :
« L’observation selon laquelle les vésicules extracellulaires peuvent transporter du POMC ouvre de nombreuses pistes de recherche. Cela pourrait avoir des implications considérables dans la gestion de la douleur, le métabolisme, l’obésité, l’inflammation et la réponse au stress. »
Source:
Référence du journal :
Hightower, Cheryl E. et al, Physical exercise increases blood extracellular vesicle association of POMC, Proceedings of the National Academy of Sciences (2025). DOI : 10.1073/pnas.2525044122.
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