Home SantéDes chercheurs émettent un avertissement après avoir découvert un facteur négligé qui pourrait augmenter le risque de SLA : « Potentiellement lié »

Des chercheurs émettent un avertissement après avoir découvert un facteur négligé qui pourrait augmenter le risque de SLA : « Potentiellement lié »

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude canadienne révèle un lien potentiel entre l’exposition à long terme au dioxyde de soufre, issu de la combustion de combustibles fossiles et de l’activité minière, et un risque accru de développer la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative incurable.

  • Une exposition prolongée au dioxyde de soufre augmenterait le risque de SLA de 23 %, selon les résultats de l’étude.
  • Les chercheurs ont constaté une augmentation des cas de SLA dans une clinique du Nouveau-Brunswick, ce qui a motivé l’étude comparative.
  • Même en respectant les normes canadiennes de qualité de l’air, l’étude met en évidence un impact significatif de la pollution atmosphérique sur la santé.

Des chercheurs canadiens ont mis en évidence une corrélation inquiétante entre la pollution de l’air et la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot. L’étude, publiée dans la revue Environmental Research, suggère que l’exposition à long terme au dioxyde de soufre (SO2) pourrait augmenter le risque de développer cette maladie neurodégénérative progressive.

L’alerte a été donnée par des médecins d’une clinique spécialisée dans la SLA située dans la province du Nouveau-Brunswick, au Canada, qui ont observé une augmentation du nombre de patients atteints de cette pathologie. Face à cette tendance, Daniel Saucier, principal auteur de l’étude et titulaire d’une maîtrise en méthodes de diagnostic de la SLA, a entrepris une recherche comparative. L’étude a analysé les données de 304 personnes atteintes de la SLA et de 1 207 individus en bonne santé, tous de même âge et du même sexe, en tenant compte des niveaux de pollution atmosphérique dans leurs zones de résidence.

Selon Daniel Saucier, les résultats sont formels :

« Il semblait que la pollution de l’air était potentiellement liée à l’augmentation des cas de SLA au Nouveau-Brunswick, le dioxyde de soufre semblant être celui qui avait une association significative avec la SLA. »

Daniel Saucier, auteur principal de l’étude

L’étude a révélé que les personnes exposées à des niveaux élevés de dioxyde de soufre pendant une période prolongée présentaient un risque 23 % plus élevé de développer la SLA.

Le dioxyde de soufre, un polluant atmosphérique, est libéré lors de la combustion de combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz, mais également par les activités minières. Les chercheurs soulignent que même si les zones étudiées respectaient les directives canadiennes sur la qualité de l’air, une association significative entre l’exposition au SO2 et le risque de SLA a été identifiée. Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mettre en place des stratégies de prévention pour protéger la santé publique.

Pourquoi la pollution atmosphérique est-elle préoccupante ?

La combustion du charbon, du pétrole et du gaz, bien qu’essentielle à la production énergétique mondiale, libère des polluants nocifs tels que le dioxyde de soufre. Ces polluants représentent un danger pour la santé des travailleurs, des communautés riveraines et de l’environnement, en particulier dans les zones industrielles. Au-delà du SO2, d’autres polluants issus des activités industrielles contribuent au réchauffement climatique, intensifiant les catastrophes naturelles, l’élévation du niveau de la mer et d’autres impacts sur la santé.

Que faire face à la pollution atmosphérique ?

L’essor de nouvelles technologies, capables de réduire ou d’éliminer la dépendance aux combustibles fossiles, offre des solutions pour limiter les risques pour la santé et la sécurité. Par exemple, l’installation de panneaux solaires permet de produire de l’électricité sans émettre de polluants nocifs. La demande croissante d’énergie propre, motivée par les préoccupations sanitaires liées à la pollution, encourage également le développement d’alternatives telles que l’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et nucléaire.

Une étude de l’Université LUT a démontré qu’une transition complète vers les énergies renouvelables est possible et pourrait être réalisée avant 2050. En réduisant notre dépendance aux sources d’énergie polluantes, nous pouvons diminuer les risques pour la santé et atténuer les effets du changement climatique.

Des actions simples, comme la réduction de notre empreinte environnementale, peuvent également avoir un impact positif. Privilégier les véhicules électriques, éteindre les lumières et les appareils inutilisés, et adopter une alimentation plus végétale sont autant de gestes qui contribuent à réduire la pollution et la demande de combustibles fossiles.

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