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Technologie et science

Des chercheurs européens ont développé une vision industrielle économe en énergie inspirée de la vue humaine et du cerveau

Publié le 11 décembre 2025. Des chercheurs européens ont mis au point une nouvelle technologie de vision artificielle, inspirée du fonctionnement de l’œil humain et du cerveau, qui promet des robots et des drones plus autonomes et moins…

Des chercheurs européens ont développé une vision industrielle économe en énergie inspirée de la vue humaine et du cerveau

Publié le 11 décembre 2025. Des chercheurs européens ont mis au point une nouvelle technologie de vision artificielle, inspirée du fonctionnement de l’œil humain et du cerveau, qui promet des robots et des drones plus autonomes et moins énergivores, notamment dans des environnements complexes.

  • Le projet MISEL, financé par l’Union européenne à hauteur de près de 5 millions d’euros, a abouti à la création d’une puce intégrant à la fois la capture d’images et une partie du traitement de l’information.
  • Cette technologie d’edge computing permet de traiter les données directement sur l’appareil, sans nécessiter de connexion réseau constante ni de puissantes batteries.
  • L’approche s’inspire de la vision humaine et du système nerveux, ainsi que de l’efficacité énergétique de la mouche des fruits.

Le Centre de recherche technique VTT de Finlande, coordonnateur du projet MISEL (Système de vision intelligente multispectrale avec calcul neuronal intégré à faible consommation), annonce une avancée significative dans le domaine de la vision artificielle. Lancé en 2021, ce projet rassemble des experts de plusieurs disciplines, notamment la science des matériaux, l’électronique et la conception d’algorithmes, issus d’universités et d’instituts de recherche européens.

L’objectif principal de MISEL est de développer des systèmes capables d’observer et de prendre des décisions de manière autonome, sans dépendre de serveurs distants ou du cloud. « Notre objectif est de construire des appareils véritablement intelligents capables d’effectuer des observations et des décisions par eux-mêmes, sans envoyer de données à des superordinateurs ou au cloud. L’informatique neuromorphique peut être des centaines, voire des milliers de fois, plus économe en énergie que le traitement numérique conventionnel », explique Jacek Flak, chef d’équipe de recherche chez VTT et coordinateur du projet.

Cette technologie d’edge computing, qui consiste à traiter les données au plus près de leur source, ouvre la voie à des applications variées, notamment dans le domaine de la robotique et des drones. Imaginez un drone intervenant après un tremblement de terre, capable de rechercher des survivants dans des conditions difficiles, sans connexion réseau fiable et avec une autonomie limitée. « Imaginez un drone recherchant des survivants après un tremblement de terre à travers la fumée, la poussière et les débris. Il doit interpréter son environnement et prendre des décisions instantanément. Il se peut qu’il n’y ait pas de connectivité réseau et que la durée de vie de la batterie soit limitée », illustre Jacek Flak.

Le projet s’est inspiré du fonctionnement de la vision humaine, qui repose sur une collaboration complexe entre la rétine, le cortex visuel et le lobe préfrontal. Les chercheurs ont également étudié la mouche des fruits, un insecte capable de voler, de naviguer et d’éviter les obstacles avec une consommation d’énergie extrêmement faible.

L’un des principaux résultats de MISEL est une puce développée par Kovilta Oy, une entreprise finlandaise spécialisée dans les circuits intégrés. Cette puce combine une détection d’image à plage dynamique élevée (plus de 120 dB), une fréquence d’images élevée (plus de 1 000 images par seconde) et un traitement d’image massivement parallèle, permettant une analyse de mouvement et une reconnaissance de formes performantes. Contrairement aux caméras traditionnelles qui capturent des images statiques, ce capteur détecte les mouvements et les changements dans le temps et l’espace, à l’instar d’un œil biologique.

Le projet a également exploré l’utilisation de capteurs d’images à points quantiques, une technologie de pointe qui étend la vision au-delà du spectre visible, jusqu’à l’infrarouge, permettant ainsi de détecter des motifs et des mouvements dans des conditions de faible luminosité ou de brouillard.

Les partenaires du projet MISEL, outre VTT, incluent les universités de Łódź (Pologne), de Lund (Suède), de Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) et de Wuppertal (Allemagne), l’Institut Fraunhofer (Allemagne), l’institut national de recherche français LNE et l’entreprise allemande AMO GmbH. Le projet a bénéficié d’un financement de près de 5 millions d’euros dans le cadre du programme Horizon 2020 de l’Union européenne.

Selon Mika Laiho, directeur de la technologie chez Kovilta, cette technologie est essentielle pour permettre aux robots et aux véhicules de fonctionner de manière autonome et sécurisée en présence d’êtres humains. « Une capacité supérieure à observer l’environnement et à interpréter avec précision les observations est indispensable pour que les robots et les véhicules puissent fonctionner de manière indépendante et sûre parmi les personnes. Par exemple, les futurs robots assistant les humains doivent prendre des décisions rapides pour éviter d’entrer en collision avec les personnes qui se déplacent autour d’eux. Parallèlement, l’équipement doit être petit, consommer peu d’énergie et être construit à des coûts modérés, adaptés à un produit de masse », précise-t-il.

Les applications potentielles de ces avancées sont nombreuses, allant de la surveillance autonome des processus industriels et des entrepôts à la sécurité des zones frontalières, en passant par la robotique mobile. VTT prévoit d’exploiter les résultats du projet dans de nouveaux projets et des lignes de production pilotes.

« À l’avenir, ces résultats pourront être utilisés dans des appareils autonomes qui voient, pensent et agissent de manière aussi indépendante et économe en énergie qu’une mouche des fruits », conclut Jacek Flak.

Contact :

Centre de recherche technique VTT de Finlande
Jacek Flak, chef d’équipe de recherche, coordinateur du projet MISEL
[email protected]
Tél. +358 405366934

Paula Bergqvist, responsable des communications
+358 20 722 5161, [email protected]
www.vttresearch.com

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.