Publié le 18 octobre 2025 12:12:00. Des chercheurs ont réussi pour la première fois à visualiser et à quantifier les formes toxiques d’une protéine impliquée dans la maladie de Parkinson directement dans le cerveau humain, ouvrant de nouvelles perspectives pour comprendre et traiter cette maladie neurodégénérative.
- Une nouvelle technique d’imagerie, baptisée ASA-PD (Advanced Sensing of Aggregates for Parkinson’s Disease), permet d’observer des agrégats protéiques appelés oligomères, considérés comme des acteurs clés dans le développement de la maladie.
- L’étude révèle une concentration plus élevée et une taille accrue de ces oligomères dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson par rapport à des individus du même âge en bonne santé.
- Certains oligomères identifiés pourraient constituer des marqueurs précoces de la maladie, potentiellement détectables des années avant l’apparition des premiers symptômes.
La maladie de Parkinson, qui touche environ 12 millions de personnes dans le monde, est caractérisée par la dégénérescence progressive des neurones producteurs de dopamine. Les corps de Lewy, des agrégats de la protéine α-synucléine, sont une caractéristique pathologique bien connue de la maladie. Cependant, jusqu’à présent, les scientifiques étaient limités dans leur capacité à observer les formes initiales de cette protéine, les oligomères, qui semblent jouer un rôle crucial dans le processus de la maladie.
L’équipe de recherche, composée de scientifiques du Royaume-Uni et du Canada, a développé ASA-PD, une technique d’imagerie innovante qui utilise des marqueurs fluorescents pour détecter les oligomères de α-synucléine dans les tissus cérébraux post-mortem. Cette méthode permet d’amplifier les signaux faibles émis par ces structures nanométriques tout en minimisant le bruit de fond, offrant ainsi une visualisation sans précédent.
« Si nous pouvions observer la maladie de Parkinson à ses premiers stades, cela nous en apprendrait beaucoup plus sur la manière dont la maladie se développe dans le cerveau et sur la manière dont nous pourrions la traiter », a déclaré Steven Lee, chimiste biophysique à l’Université de Cambridge et co-directeur de l’étude, dans un communiqué de presse.
Les chercheurs ont comparé les tissus cérébraux de personnes décédées atteintes de la maladie de Parkinson à ceux de personnes du même âge n’ayant pas souffert de cette pathologie. Ils ont constaté que, bien que des oligomères soient présents dans les deux groupes, leur concentration était significativement plus élevée dans le cerveau des patients atteints de Parkinson. De plus, ces oligomères étaient plus volumineux et émettaient une fluorescence plus intense.
L’identification de certains oligomères spécifiques uniquement présents dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson suggère qu’ils pourraient servir de biomarqueurs précoces, permettant un diagnostic plus précoce et potentiellement une intervention thérapeutique avant que les symptômes ne se manifestent. Rebecca Andrews, qui a collaboré à l’étude, explique : « C’est la première fois que nous pouvons observer des oligomères directement dans le tissu cérébral humain à cette échelle : c’est comme si nous pouvions voir des étoiles en plein jour. »
La maladie de Parkinson affecte actuellement 12 millions de personnes à travers le monde, un chiffre qui devrait atteindre 25 millions d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population. Lucien Weiss, biophysicien à l’Université de Montréal et co-directeur de l’étude, souligne : « Les oligomères ont été l’aiguille dans la botte de foin, mais maintenant que nous savons où se trouvent ces aiguilles, cela pourrait nous aider à cibler des types de cellules spécifiques dans certaines régions du cerveau. »
Les chercheurs espèrent que leur technique ASA-PD pourra être adaptée pour étudier d’autres maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Huntington et la maladie d’Alzheimer, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour la recherche et le développement de traitements.
L’étude a été publiée dans la revue Nature.
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