Publié le 22 novembre 2025 à 22h58. Des chercheurs ont découvert que le cerveau, en situation de manque de sommeil, entre dans un état proche du sommeil pour se « recharger », activant des mécanismes de nettoyage et de récupération habituellement observés pendant le sommeil profond.
- Lorsque le cerveau manque de sommeil, il active un mode de repos similaire au sommeil pour compenser, avec ralentissement de l’activité électrique et dilatation des vaisseaux sanguins.
- Ce phénomène implique l’écoulement du liquide céphalo-rachidien (LCR) dans le cerveau, un processus essentiel pour éliminer les déchets accumulés pendant la journée.
- Ces découvertes remettent en question la distinction nette entre sommeil et éveil, suggérant une alternance constante entre les deux états.
« J’ai juste essayé le cours magistral, » confie Anna Omalecka, étudiante. Elle et ses collègues, Jenny Refseth et Linnea Sørum, préféreraient dormir huit heures par nuit, mais la réalité étudiante rend cela parfois difficile.
Linnea Sørum constate souvent les conséquences d’un manque de sommeil le lendemain. « Avec un manque de sommeil, je peux ressentir plus de stress et de brouillard cérébral qu’autrement, » explique-t-elle.
Aujourd’hui, les chercheurs ont mis en lumière ce qui se passe réellement lorsque ce brouillard cérébral apparaît et que l’attention diminue. Une nouvelle étude publiée dans Nature Neuroscience révèle que ces moments de « coupure » ne sont pas simplement mentaux.
« On peut imaginer que le cerveau a un besoin de sommeil si grand qu’il fait de son mieux pour se mettre dans un état proche du sommeil afin de retrouver certaines fonctions cognitives, » explique le chercheur Zinong Yang du Massachusetts Institute of Technology (MIT) dans un communiqué de presse.
L’étude a révélé que lors de ces phases de perte d’attention, des vagues de liquide céphalo-rachidien (LCR) s’écoulent dans le cerveau, un processus normalement observé pendant le sommeil profond, permettant de « nettoyer » les déchets accumulés pendant la journée. Ce nettoyage est considéré comme essentiel au bon fonctionnement du cerveau.

Linnea Sørum (30 ans), Anna Omalecka (26 ans) et Jenny Refseth (24 ans) essaient de dormir davantage, mais le temps ne leur suffit pas toujours.
Photo : Maria Geitle / NRK
Les chercheurs ont mesuré l’activité cérébrale à l’aide d’des casques EEG et de scanners IRMf.
Au moment où l’attention faiblit, le LCR s’écoule dans le cerveau, et lorsque le liquide revient, l’attention revient. L’activité électrique du cerveau ralentit également, les vaisseaux sanguins se dilatent et les pupilles se contractent.
Ces observations remettent en question la distinction entre sommeil et éveil en tant qu’états distincts.
« Ce que l’on appelait jusqu’à présent microsommeil ou brouillard cérébral peut en réalité être des états de transition où le cerveau alterne entre repos et activité pour se protéger, » explique le Dr Laura Bojarskaite, qui mène des recherches sur le sommeil à l’Université d’Oslo.
« Cela montre à quel point le cerveau est complexe. Il fonctionne davantage comme une mer vivante de rythmes et de vagues, où les limites sont constamment fluctuantes, » estime-t-elle.

– Il n’y a pas de limite fixe au nombre d’épisodes de microsommeil qu’on peut avoir au cours d’une journée. Cela dépend de la force de la pression du sommeil, explique Laura Bojarskaite, qui travaille au Département des sciences médicales fondamentales.
Photo de : LRT
Le Dr Bojarskaite estime que cette étude pourrait avoir des implications pratiques, notamment pour la surveillance de la fatigue dans le transport, le travail posté ou la prévention des erreurs médicales. « Lorsque nous comprendrons comment le cerveau « glisse » progressivement vers le micro-sommeil, nous pourrons peut-être détecter les premiers signes avant que les erreurs ne se produisent, » explique-t-elle.
Nina Elise Møllerløkken, physiothérapeute et responsable d’un cours sur le sommeil à la municipalité de Trondheim, trouve intéressant que ce « bouton d’urgence » du cerveau puisse désormais être observé en cas de déficit de sommeil.
Møllerløkken souligne l’importance de cette recherche pour sensibiliser le public et les professionnels de la santé à la soudaineté du microsommeil. « Il peut y avoir des conséquences très graves si l’on se met en micro-sommeil au mauvais moment, » prévient-elle.

– Si je devais donner un conseil pour une meilleure hygiène du sommeil, ce serait de se lever chaque jour à une heure relativement fixe, explique la physiothérapeute Nina Elise Møllerløkken.
Photo : Maria Geitle / NRK
Dans une vie quotidienne bien remplie, elle estime que peu de gens prennent de vraies pauses. « Le sommeil est notre fondement. Il est important de s’accorder le sommeil dont on a besoin, » conclut-elle.
Conseils du Dr Laura Bojarskaite pour une bonne hygiène du sommeil :
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Gardez un rythme circadien fixe Couchez-vous et levez-vous à peu près à la même heure chaque jour, même le week-end. Le cerveau aime la prévisibilité ; il renforce à la fois la pression du sommeil et le rythme circadien.
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Bénéficiez de la lumière du jour tôt dans la journée La lumière est le signal le plus puissant qui indique au cerveau ce qui est le jour et ce qui est la nuit. Sortez le matin ou tirez les rideaux dès votre réveil.
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Créez l’obscurité et la paix avant le coucher Tamisez les lumières, les écrans et avancez au moins une heure avant de vous coucher. Le cerveau a besoin d’un signal clair indiquant que la journée est terminée – cela favorise la production de mélatonine et réduit la fréquence cardiaque.
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Évitez la caféine, la nicotine et les repas copieux en fin de journée
La caféine peut affecter le sommeil pendant 6 à 8 heures. La nicotine a également un effet revigorant et les repas copieux peuvent perturber l’endormissement.
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Ne combats pas le sommeil Si vous vous sentez fatigué, dormez. Le microsommeil est un avertissement indiquant que le cerveau n’est plus capable de rester éveillé en toute sécurité. La meilleure chose que vous puissiez faire est de faciliter le sommeil, et non de l’empêcher.
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Créez une chambre fraîche, calme et sombre La température idéale se situe autour de 16-18 degrés. Retirez les moustiquaires, utilisez de préférence des rideaux occultants et gardez la pièce bien rangée et calme.
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Utilisez le lit uniquement pour dormir Évitez de regarder des séries, de scroller ou de travailler au lit. Le cerveau devrait associer le lit au sommeil et non à l’activité de veille.
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Faites une petite sieste si nécessaire, mais pas trop tard dans la journée. 10 à 20 minutes au milieu de la journée peuvent valoir leur pesant d’or. Il donne au cerveau un mini-redémarrage, augmente la réactivité et réduit le risque de microsommeil plus tard dans l’après-midi.
Publié
22 novembre 2025, 22h58
