Publié le 28 octobre 2025 23:32:00. Des paléontologues de l’Université de Chicago ont révélé une découverte exceptionnelle dans le Wyoming : deux « momies » de dinosaures incroyablement bien conservées, offrant un aperçu inédit de l’anatomie et de l’apparence de ces créatures préhistoriques.
- L’analyse détaillée de ces fossiles d’Edmontosaurus annectens révèle la présence de fragments de peau, d’épines et même de sabots en état remarquable.
- Les fossiles ne conservent pas seulement les squelettes, mais aussi des moules naturels des parties molles, permettant une reconstitution précise de la silhouette des animaux.
- Cette découverte apporte de nouvelles informations sur l’évolution des reptiles et l’origine des sabots chez certains dinosaures.
Une équipe de chercheurs de l’Université de Chicago a mené une étude approfondie sur deux fossiles exceptionnels découverts dans l’est du Wyoming, aux États-Unis. Ces spécimens, surnommés « momies de dinosaures » en raison de leur état de conservation hors du commun, ont permis de révéler des détails insoupçonnés sur l’anatomie et l’apparence de l’Edmontosaurus annectens, un herbivore du Crétacé, souvent appelé dinosaure à bec de canard.
Contrairement aux fossilisations classiques, ces spécimens ont conservé non seulement les os, mais aussi des impressions détaillées des parties molles, telles que la peau et les sabots. Les paléontologues ont expliqué que ce qui a été préservé ne sont pas les tissus organiques eux-mêmes, mais des moules en argile formés autour des parties molles après leur décomposition. L’argile, combinée à l’action de micro-organismes, a créé des impressions si précises qu’il a été possible de reconstituer « en grande partie la véritable silhouette de l’animal ». Ces moules étaient protégés par de fines couches de grès, qui ont empêché leur détérioration pendant plus de 66 millions d’années.
Selon l’article publié dans la revue Science, ces fossiles dépassent les standards habituels de conservation pour ce type de découvertes.
« Parmi les ossements que nous observons, on distingue des fragments de peau, des épines et des sabots dans un état surprenant »,
Paléontologues, cité par ABC News
L’un des spécimens correspond à un individu jeune, le premier du genre à présenter une silhouette douce pratiquement complète, incluant un cou et une crête sur le tronc. L’autre spécimen adulte, quant à lui, révèle la première rangée complète d’épines caudales observée chez un hadrosaure. L’équipe a également identifié ce qui pourrait être les premiers exemples connus de « vrais sabots » chez un reptile, selon ABC News.
Les chercheurs ont souligné que la crête médiane du corps et les épines le long de la queue de l’Edmontosaurus annectens révèlent que leur peau était plus complexe qu’on ne le pensait. L’analyse suggère que « le motif des crêtes et des épines témoigne d’une diversité de la peau qui dépasse les représentations antérieures de cette espèce ».
Cette découverte offre un aperçu unique de l’apparence réelle de la peau et de la surface corporelle de certains dinosaures. Les chercheurs ont également mis en évidence des similitudes fonctionnelles et morphologiques entre ces structures préhistoriques et certains reptiles modernes appartenant au groupe des squamates (lézards et serpents). Cette comparaison permet de mieux comprendre les schémas évolutifs partagés entre des lignées très éloignées dans le temps.
L’équipe de l’Université de Chicago prévoit de poursuivre l’analyse de ces fossiles en utilisant des outils d’imagerie avancés. Ils espèrent que ces résultats contribueront à affiner la reconstruction tridimensionnelle de ces animaux et à mieux comprendre leurs habitudes de vie. Cette avancée est saluée par la communauté paléontologique comme un pas important dans la compréhension de la diversité des formes et des adaptations des dinosaures herbivores qui dominaient les écosystèmes d’Amérique du Nord au Crétacé supérieur.
