Publié le 27 novembre 2025 à 21h29. Des milliers d’étudiants et d’enseignants ont manifesté ce jeudi à Madrid pour dénoncer le sous-financement des universités publiques de la région et s’opposer à une réforme controversée portée par le gouvernement local.
- Une marche rassemblant entre 7 000 et 55 000 personnes, selon les sources, a traversé le centre de la capitale espagnole.
- Les manifestants exigent le retrait d’une loi sur l’enseignement supérieur jugée favorable aux établissements privés.
- Des rassemblements supplémentaires sont prévus, notamment devant l’Assemblée de Madrid le 4 décembre.
La mobilisation d’ampleur a débuté en fin de matinée sur la Plaza del Emperador Carlos V et a progressé lentement vers la Puerta del Sol, le cœur de Madrid. Les participants, brandissant des banderoles et scandant des slogans, ont exprimé leur inquiétude face à une politique budgétaire qu’ils estiment précarisant le système universitaire public madrilène.
La marche, visuellement marquante, était précédée d’une banderole reproduisant le célèbre tableau de Goya, “Le 3 mai 1808 à Madrid”, symbole de résistance et de lutte pour la liberté. Arrivés devant la Real Casa de Correos, siège du gouvernement régional, les manifestants ont déployé une grande banderole proclamant : « Si vous touchez au public, nous descendrons dans la rue ». Des ballons blancs représentant la présidente de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, ont également été exposés, accompagnés de l’inscription « Anciens élèves non grata ».
Les slogans scandés par la foule dénonçaient notamment la politique du ministre de l’Éducation, Emilio Viciana, avec des cris de « Lâches ! », « Honte ! » et « Viciana démission ! ». D’autres pancartes affichaient des messages tels que « Pas de coupes budgétaires », « L’avenir n’est pas privatisé » ou encore « Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’égalité ».
Plusieurs figures de l’opposition ont rejoint la manifestation, dont Manuela Bergerot et Mar Espinar, porte-parole de Más Madrid et du PSOE-M, ainsi que Javier Guardiola, également porte-parole du PSOE-M. Manuela Bergerot a déclaré :
« Si Mme Ayuso ne voit pas la raison et finance l’université publique de Madrid au niveau des universités publiques européennes, elle finira par le faire par la force, contrainte par toute la mobilisation citoyenne. »
Elle a également appelé à l’abandon de la loi universitaire en préparation, qu’elle juge favorable aux universités privées.
Javier Guardiola a souligné que le gouvernement régional souhaitait un « système public totalement affaibli, un sous-financement des travailleurs du système public et la rupture absolue de l’égalité des chances, garante de l’ascenseur social ». Eva Aladro, porte-parole des plateformes de défense des six universités publiques de Madrid, a salué l’unité de la communauté universitaire lors de ces deux jours de grève, qualifiant la mobilisation de « très excitante » et « historique ».
Les manifestants ont annoncé la tenue d’un nouveau rassemblement le 4 décembre devant l’Assemblée de Madrid, en marge du débat sur les amendements budgétaires présentés par les groupes d’opposition (Más Madrid, PSOE et Vox). La lutte, selon eux, est loin d’être terminée.
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