Publié le 6 octobre 2025. Des milliers d’enseignants et de personnels de l’éducation en Mongolie manifestent leur mécontentement face à des salaires jugés trop bas et à un manque de financement pour le secteur, menaçant de déboucher sur une grève nationale si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
- Plus de 30 000 citoyens ont signé une pétition réclamant une augmentation des salaires des enseignants et un financement adéquat pour l’éducation.
- Les enseignants demandent un salaire de base de 3,5 millions de tugriks (environ 1 000 €), alors qu’ils gagnent actuellement entre 1,2 et 1,4 million de tugriks (environ 340–400 €).
- Le syndicat des enseignants, la FMESU, a organisé des rassemblements et des sit-in dans plusieurs provinces et a prévenu qu’une grève nationale est envisageable.
La colère gronde dans le corps enseignant mongol. Depuis le 24 septembre 2025, des manifestations pacifiques ont éclaté dans plusieurs villes du pays, notamment à Oulan-Bator, Darkhan-Uul et dans la province de Tuv. Les enseignants et le personnel de soutien à l’éducation dénoncent des salaires trop faibles, qui ne suivent pas le rythme de l’augmentation du coût de la vie. Plus de 10 000 personnes ont participé aux manifestations initiales, et le mouvement a rapidement gagné en ampleur, avec des rassemblements dans les provinces d’Arkhangaï, Bayankhongor, Dornod, Orkhon, Uvurkhangaï, Sukhbaatar et Tuv.
Le mouvement a bénéficié du soutien de personnalités politiques de premier plan, dont un ancien président, actuellement membre du Parlement, qui a rejoint les manifestants en signe de solidarité. Les témoignages recueillis sur le terrain sont éloquents. Un jeune enseignant a déclaré :
« Il y a une réelle menace pour l’éducation. De nombreux enseignants qualifiés quittent leur profession pour des secteurs mieux rémunérés. L’avenir de l’éducation en Mongolie est en danger. Nous devons agir ! »
Ces mobilisations coïncident avec l’examen du budget national de 2026 par le gouvernement et s’inscrivent dans le cadre plus large de la campagne « Devenir public ! Financer l’éducation » menée par la FMESU (Fédération mongole des syndicats de l’éducation). Au-delà de la capitale, des sit-in et des conférences de presse ont été organisés dans plusieurs provinces, notamment Bayan-Ulgii, Bulgan, Dornogovi, Dundgovi, Zavkhan, Khovd et Khentii.
Le ministre de l’Éducation, M. Naranbayar, a tenté d’apaiser les manifestants en reconnaissant leurs revendications et en estimant qu’un investissement supplémentaire de 100 milliards de tugriks (environ 28,5 millions d’euros) serait nécessaire.
« Nous vous entendons », a-t-il déclaré. « Nous devons travailler dans le cadre de la loi et des réglementations. »
Cependant, ses propos ont été accueillis par des huées, témoignant d’une profonde insatisfaction. M. Zambal, président de la FMESU, a critiqué le projet de budget de 2026, affirmant qu’aucune somme n’y était allouée à l’éducation et que des réductions budgétaires étaient même envisagées. Il a confirmé que des demandes officielles avaient été soumises au président du Grand Khoural (Parlement) et au ministre de l’Éducation.
Les principales revendications des enseignants sont les suivantes : une augmentation du salaire de base à 3,5 millions de tugriks, une réduction de la charge de travail et une amélioration des conditions de travail dans tous les établissements scolaires. Le 5 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, la FMESU a organisé un sit-in sur la place principale devant le Parlement, rassemblant 800 éducateurs. Le syndicat a clairement indiqué qu’il était prêt à organiser une grève nationale si des mesures concrètes n’étaient pas prises rapidement. En savoir plus sur le sit-in (Facebook)
Suivez le direct Facebook des enseignants exprimant leurs préoccupations et leurs revendications.
Campagne « Devenir public ! Financer l’éducation » de la FMESU.
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